Les médecins, confrontés à un épuisement professionnel croissant, peuvent trouver un allié inattendu dans un simple changement de perspective. Une approche basée sur la reconnaissance des aspects positifs de leur quotidien pourrait aider à reconstruire leur résilience et à retrouver du sens dans leur travail.
Mary Remón, conseillère et coach, propose une méthode pour « recycler » l’état d’esprit des médecins, souvent formatés pour identifier les risques et les problèmes. Cette tendance, bien que cruciale pour la sécurité des patients, peut s’infiltrer dans la vie personnelle et engendrer stress et anxiété.
« Les médecins sont submergés par des facteurs de stress multiples : manque de personnel, pression des objectifs de productivité, complexité des dossiers médicaux électroniques, et un sentiment de déconnexion par rapport à leur vocation initiale, sans oublier le manque de sommeil », explique Mary Remón. Elle souligne qu’il ne s’agit pas de nier ces difficultés, mais d’ajouter une dimension positive à leur évaluation quotidienne.
Sa technique consiste à se poser régulièrement trois questions simples : « Qu’est-ce qui s’est bien passé aujourd’hui ? », « Quand me suis-je senti le plus moi-même ? » et « Qu’est-ce que je peux reporter à demain ? ». Ces questions, bien que simples, visent à renforcer les connexions neuronales associées aux expériences positives.
« Si nous recherchons constamment ce qui ne va pas, nous restons bloqués dans cette spirale », explique-t-elle. « Il est essentiel de renforcer les voies neuronales qui reconnaissent ce qui fonctionne et ce qui peut bien se passer. Cela ne remplace pas la vigilance, mais l’enrichit. »
Un hospitaliste qu’elle a accompagné a ainsi pu, progressivement, désamorcer son tendance à ressasser les erreurs et à se concentrer sur les aspects positifs de sa journée. Il a commencé à identifier des moments de satisfaction, comme les remerciements des familles, ou les interventions chirurgicales réussies, ce qui a eu un impact significatif sur son bien-être général.
Selon Mary Remón, cette approche ne se limite pas à un simple sentiment de bien-être. Des études montrent que les médecins ayant une attitude positive sont plus créatifs, posent des diagnostics plus précis et plus rapides, et obtiennent de meilleurs résultats pour leurs patients.
« Il faut s’y tenir, pratiquer régulièrement, jusqu’à ce que cela devienne une habitude », conseille-t-elle. « Ce n’est pas une solution miracle, mais un outil complémentaire pour faire face aux défis du métier. » Elle insiste sur le fait que cette démarche doit être volontaire et ne pas être imposée, et qu’elle peut être complétée par d’autres formes de soutien, comme la thérapie, le coaching ou les groupes de pairs.
En cultivant une attention accrue aux aspects positifs de leur travail, les médecins peuvent non seulement améliorer leur propre qualité de vie, mais aussi renforcer leur engagement et leur efficacité professionnelle.