Publié le 19 octobre 2025 à 14h20. Après une reprise des affrontements au sud de Gaza, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné une riposte « énergique » contre le Hamas, mettant en péril la trêve négociée par les États-Unis.
- Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné des frappes contre des cibles du Hamas à Gaza en réponse à des tirs de militants à Rafah.
- Le Hamas a nié être impliqué dans les tirs, affirmant avoir perdu le contact avec ses combattants dans la région depuis la rupture du cessez-le-feu précédent.
- L’escalade a entraîné la suspension temporaire de l’acheminement de l’aide humanitaire vers Gaza.
La reprise des hostilités intervient neuf jours après l’entrée en vigueur d’une trêve fragile, négociée en vue d’apaiser les tensions dans la bande de Gaza. Selon le bureau de Benjamin Netanyahu, le Premier ministre a consulté le ministre de la Défense et d’autres responsables de la sécurité avant de donner l’ordre d’agir « avec force » contre les « cibles terroristes » à Gaza.
L’incident déclencheur a été l’enregistrement de tirs croisés entre des militants et l’armée israélienne à Rafah, dans le sud de l’enclave palestinienne. L’armée israélienne a affirmé que les militants avaient lancé un missile antichar et ouvert le feu sur ses troupes, qualifiant cet acte d’« une violation flagrante » de l’accord de cessez-le-feu. En réponse, l’armée a lancé des bombardements pour « éliminer la menace et démanteler les points d’entrée de tunnels et les structures militaires utilisées pour des activités terroristes ».
Parallèlement, les Forces Radéa, une unité de police affiliée au ministère de l’Intérieur du Hamas, ont revendiqué une « opération de sécurité » à Rafah visant une cache d’armes appartenant à Yasser Abou Shabab, chef de la milice rivale des « Forces populaires ».
Les Brigades Al-Qassam, la branche armée du Hamas, ont rapidement pris leurs distances avec ces événements. Dans un communiqué, elles ont affirmé n’avoir « aucune connaissance d’aucun incident ou confrontation » et ont réitéré leur engagement envers le respect du cessez-le-feu dans toute la bande de Gaza. Elles ont précisé avoir perdu le contact avec leurs combattants à Rafah depuis la rupture du précédent cessez-le-feu en mars dernier, ajoutant qu’elles n’avaient « aucun lien avec les événements survenus dans ces zones et ne peuvent contacter aucun de leurs combattants là-bas, s’il y en a encore en vie ».
Yasser Abou Shabab est connu pour avoir pris en charge, avec sa milice, la distribution de l’aide humanitaire à Rafah, avec l’approbation des autorités israéliennes. Il y a quelques mois, Benjamin Netanyahu avait publiquement reconnu avoir financé des milices comme la sienne à Gaza dans le but d’affaiblir le Hamas. Dimanche, après l’opération des Forces Radéa et les bombardements israéliens à Rafah, Abou Shabab a diffusé une vidéo en direct sur son profil Facebook pour prouver qu’il était sain et sauf.
Izzat Al-Rishq, membre du bureau politique du Hamas, a réaffirmé l’engagement du groupe envers le cessez-le-feu et a accusé Israël de continuer à « violer l’accord et à fabriquer de fragiles prétextes pour justifier ses crimes ».
La situation a également eu des répercussions sur l’acheminement de l’aide humanitaire. Un nombre indéterminé de camions chargés de nourriture, de fournitures médicales et d’articles d’hygiène sont retournés du côté égyptien de la frontière après les bombardements israéliens à Rafah, selon une source du Croissant-Rouge égyptien. « Une grande partie des camions est revenue », a déclaré la source, sans préciser le nombre exact, après qu’un convoi d’environ 200 camions s’était dirigé vers les points de passage contrôlés par Israël.
Selon cette source, « l’entrée des camions a été temporairement suspendue » suite aux bombardements. Une source égyptienne du terminal de Rafah a confirmé à l’agence EFE que le passage ne s’ouvrira pas lundi, Israël le maintenant fermé du côté de Gaza, empêchant ainsi l’ouverture prévue.
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