Publié le 2025-10-19 05:04:00. Un médecin irlandais, déjà sanctionné pour des propos inappropriés tenus à des patients, est de nouveau sous le feu des projecteurs. Le Conseil médical irlandais enquête sur des allégations selon lesquelles il n’aurait pas informé ses employeurs des restrictions imposées à son exercice.
- Le Dr Eltayeb Elkhabir est accusé de ne pas avoir divulgué les conditions de sa réinscription au registre médical à ses employeurs, Medix Clinic et MyDocs.
- L’enquête porte également sur un possible défaut de couverture d’assurance professionnelle pendant son activité dans ces établissements.
- Ces nouvelles accusations interviennent après une longue série de sanctions disciplinaires à l’encontre du Dr Elkhabir, remontant à 2008.
Le Conseil médical irlandais a ouvert une enquête sur la conduite du Dr Eltayeb Elkhabir, après avoir reçu des informations selon lesquelles il n’aurait pas respecté les conditions imposées à sa réinscription au registre médical. Ces conditions lui avaient été notifiées suite à une décision de la Haute Cour en 2013, consécutive à une première enquête disciplinaire.
L’enquête, qui s’est tenue jeudi, a révélé que le Dr Elkhabir aurait exercé à la Medix Clinic de Sandyford entre décembre 2022 et janvier 2023, ainsi qu’à la chirurgie MyDocs à Newbridge et/ou Naas, dans le comté de Kildare, en décembre 2022, sans informer ses employeurs des restrictions qui pesaient sur son exercice. Il lui est également reproché de ne pas avoir disposé d’une couverture d’assurance professionnelle adéquate pendant ces périodes.
L’affaire remonte à 2012, lorsque le Dr Elkhabir, de nationalité soudanaise, avait été reconnu coupable de faute professionnelle pour des propos jugés inappropriés tenus à un patient. Le Conseil médical avait alors décidé de le rayer du registre. Cette décision avait été contestée devant la Haute Cour, mais les deux parties avaient finalement convenu d’une annulation de la sanction initiale, assortie d’une censure, d’une obligation d’information des employeurs, d’une formation complémentaire et d’un accompagnement par un mentor.
Le Dr Nemer Osman, mentor actuel du Dr Elkhabir, a témoigné lors de l’enquête. Le Dr Elkhabir a quant à lui déclaré que les précédentes enquêtes du Conseil médical concernaient des discussions sur sa foi musulmane avec des patients.
« La manière dont j’ai traité les patients n’était pas professionnelle. Par exemple, j’ai parlé de mes opinions religieuses concernant une condition médicale, ce n’était pas correct. »
Dr Eltayeb Elkhabir
En 2008, le Dr Elkhabir avait déjà été sanctionné pour avoir suggéré à une patiente souffrant d’épilepsie que celle-ci pouvait être « un signe du diable » et liée à une activité sexuelle. Il lui avait également donné son numéro de téléphone personnel et lui avait proposé de lui en dire plus sur l’islam. Le Conseil médical l’avait alors contraint à suivre une formation en éthique.
L’avocat du Conseil médical, Eoghan O’Sullivan, a souligné au Dr Elkhabir qu’il avait également été reconnu coupable de faute professionnelle en 2012 pour avoir tardé à prendre en charge un patient se plaignant de douleurs thoraciques. Le Dr Elkhabir a invoqué un état d’épuisement professionnel à l’époque, affirmant qu’il travaillait 24 heures sur 24, une situation qui, selon lui, ne lui est plus autorisée depuis cet incident.
D’autres enquêtes du Conseil médical concernant le comportement du Dr Elkhabir ont également été évoquées, notamment des cas de communication inappropriée avec des patientes, y compris par téléphone portable, en 2011 et 2014.
Le Dr Elkhabir avait été radié du registre en 2016 et réintégré en 2021, sous réserve du respect des conditions fixées par la Haute Cour en 2013. L’actuelle enquête vise à déterminer si ces conditions ont été respectées. Le Dr Maria O’Kane, directrice générale du conseil, estime que le comportement du Dr Elkhabir constitue une faute professionnelle, ce que le médecin nie.
Le comité d’aptitude professionnelle se réunira à nouveau ultérieurement pour examiner les conclusions de l’enquête, qui seront rendues publiques. Le Dr Elkhabir, qui se représente lui-même, avait auparavant bénéficié d’une assistance juridique.
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