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L’immunothérapie de première ligne améliore la SG par rapport aux inhibiteurs de BRAF/MEK dans le CPNPC BRAF+

Publié le 20 octobre 2025 18:05:00. Une étude internationale révèle que l'immunothérapie en première intention offre une survie globale prolongée aux patients atteints d'un cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) porteur d'une mutation BRAF V600E, en…

L’immunothérapie de première ligne améliore la SG par rapport aux inhibiteurs de BRAF/MEK dans le CPNPC BRAF+

Publié le 20 octobre 2025 18:05:00. Une étude internationale révèle que l’immunothérapie en première intention offre une survie globale prolongée aux patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) porteur d’une mutation BRAF V600E, en particulier chez les fumeurs et ceux présentant un niveau élevé de PD-L1.

  • L’immunothérapie de première intention, avec ou sans chimiothérapie, améliore la survie globale des patients atteints de CPNPC muté BRAF V600E.
  • Cette amélioration est particulièrement marquée chez les patients ayant des antécédents de tabagisme, un score de proportion de tumeur PD-L1 de 1 % ou plus, des co-mutations TP53 et l’absence de métastases cérébrales.
  • Bien que le taux de réponse objectif soit plus faible, la survie sans progression est similaire à celle observée avec les inhibiteurs de BRAF et de MEK.

De nouvelles données issues d’une étude de cohorte rétrospective menée dans plusieurs pays européens et aux États-Unis suggèrent que l’immunothérapie pourrait devenir une option privilégiée pour le traitement initial de certains patients atteints de CPNPC muté BRAF V600E. Les résultats, publiés dans The Lancet Oncology, comparent l’efficacité de l’immunothérapie (inhibiteurs de points de contrôle immunitaires, ICI) avec ou sans chimiothérapie, à celle des inhibiteurs de BRAF et de MEK.

L’étude a porté sur 284 patients atteints de CPNPC muté BRAF V600E, suivis dans 17 centres de soins entre janvier 2015 et juillet 2024. Les résultats indiquent une survie globale médiane de 40,9 mois (intervalle de confiance à 95 % : 33,3 – non atteint) dans le groupe traité par immunothérapie, contre 25,2 mois (intervalle de confiance à 95 % : 19,9 – 31,1) dans le groupe recevant des inhibiteurs de BRAF et de MEK (ratio de risque [HR], 0,69 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,49 – 0,98 ; P = 0,039). Après ajustement, le HR était de 0,66 (intervalle de confiance à 95 % : 0,46 – 0,97 ; P = 0,034).

L’analyse des sous-groupes a révélé que les patients ayant des antécédents de tabagisme (HR : 0,60 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,40 – 0,90 ; P = 0,013) et un score de proportion de tumeur PD-L1 de 1 % ou plus (HR : 0,66 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,45 – 0,98 ; P = 0,039) bénéficiaient particulièrement de l’immunothérapie. D’autres facteurs associés à une meilleure survie incluaient un âge de 70 ans ou plus (HR, 0,54 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,31 – 0,94 ; P = 0,029), des co-mutations TP53 (HR, 0,46 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,27 – 0,79 ; P = 0,0048) et l’absence de métastases cérébrales (HR, 0,66 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,45 – 0,99 ; P = 0,045).

En termes de réponse au traitement, le taux de réponse objective (ORR) était de 49 % dans le groupe immunothérapie, contre 63 % dans le groupe inhibiteurs de BRAF et de MEK (P = 0,032). La survie sans progression médiane était de 9,6 mois (intervalle de confiance à 95 % : 5,3 – 16,4) pour l’immunothérapie et de 12,2 mois (intervalle de confiance à 95 % : 9,3 – 15,2) pour les inhibiteurs de BRAF et de MEK (HR, 1,13 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,83 – 1,53 ; P = 0,45).

« Chez les patients atteints de métastases de CPNPC muté BRAF V600E, l’immunothérapie de première intention, avec ou sans chimiothérapie, est associée à une survie globale médiane plus longue, mais à un taux de réponse objectif et une survie sans progression médiane similaires à ceux observés avec les inhibiteurs de BRAF et de MEK. »

Alessandro Di Federico, MD, Lowe Center for Thoracic Oncology, Dana-Farber Cancer Institute

Les auteurs de l’étude soulignent la nécessité de mener des études prospectives pour confirmer ces résultats et affiner les stratégies de traitement personnalisées pour les patients atteints de CPNPC muté BRAF V600E. Ils suggèrent que les facteurs identifiés pourraient aider à orienter les décisions thérapeutiques initiales.

Références

  1. Federico AD, Wang K, Chen MF et al. Immunothérapie de première intention avec ou sans chimiothérapie versus BRAF plus inhibiteurs de MEK dans le cancer du poumon non à petites cellules métastatique muté BRAFV600E (FRONT-BRAF) : une étude de cohorte rétrospective multicentrique. The Lancet Oncology. 2025;26(10):1357-1369.
  2. Atkins MB, Lee SJ, Chmielowski B et al. Association dabrafenib et trametinib versus association nivolumab et ipilimumab pour les patients atteints d’un mélanome avancé à mutation BRAF : essai DREAMseq-ECOG-ACRIN EA6134. J Clin Oncol. 2023;41(2):186-197.
  3. Ascierto PA, Casula M, Bulgarelli J et al. Immunothérapie séquentielle et thérapie ciblée du mélanome métastatique muté BRAF V600 : survie à 4 ans et évaluation des biomarqueurs de l’essai de phase II SECOMBIT. Nat Commun. 2024;15(1):146.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.