Publié le 22 octobre 2025 à 22h04. Face aux critiques sur la complexité de la réglementation européenne, Bruxelles se lance dans une vaste opération de simplification, espérant ainsi répondre aux préoccupations des États membres et apaiser les tensions commerciales avec les États-Unis.
- Les dirigeants européens vont demander à la Commission européenne d’accélérer la simplification des réglementations, en priorisant les mesures favorisant la compétitivité.
- Dix-neuf chefs d’État et de gouvernement de l’UE ont appelé à une révision systématique de toutes les règles européennes pour éliminer celles qui sont inutiles ou excessives.
- Cette initiative vise également à répondre aux inquiétudes américaines concernant le poids de la réglementation européenne.
La réduction des charges administratives est un sujet sur lequel les pays de l’Union européenne convergent largement, voire réclament davantage d’actions. Lors du prochain sommet européen à Bruxelles, les chefs d’État et de gouvernement donneront à la Commission européenne le feu vert pour intensifier ses efforts dans ce domaine, en accordant une « priorité absolue » à toute mesure de simplification et de renforcement de la compétitivité, selon un projet de conclusions obtenu par POLITICO.
Pour appuyer cette démarche, 19 dirigeants européens, dont Friedrich Merz (Allemagne), Emmanuel Macron (France), Giorgia Meloni (Italie) et Donald Tusk (Pologne), ont lancé un appel commun en faveur d’une « révision systématique de toutes les réglementations de l’UE afin d’identifier les règles qui sont superflues, excessives ou déséquilibrées ».
Dans une lettre révélée par POLITICO, ces dirigeants demandent également à Bruxelles de supprimer les réglementations obsolètes, d’adopter un « flux constant » de mesures de simplification et de faire preuve de prudence lors de l’élaboration de nouvelles lois.
Cette campagne de simplification est également perçue comme une manière de répondre aux critiques formulées par Washington, qui dénonce une réglementation européenne jugée trop lourde.
« Puisque Trump est prêt à fermer les yeux sur beaucoup de choses – il n’y prête pas vraiment attention, d’ailleurs – pourquoi ne pas lui dire : ‘Donald, merci beaucoup, c’est grâce à vous si nous avons un peu fait le ménage’ ? »
Pascal Lamy, ancien commissaire européen au commerce et directeur général de l’Organisation mondiale du commerce
Une refonte en profondeur
Dans un effort pour redresser la situation des industries européennes en difficulté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a fait de la déréglementation – ou de la « simplification » – un axe majeur de son second mandat. En moins de 12 mois, la Commission a élaboré des plans visant à alléger une grande partie des contraintes administratives mises en place durant son premier mandat, touchant à presque tous les domaines du droit européen, de la défense et de l’agriculture aux règles numériques et à l’environnement.
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