Home SantéLes vaccins Covid pourraient déclencher la prochaine révolution contre le cancer

Les vaccins Covid pourraient déclencher la prochaine révolution contre le cancer

by Sophie Martin

Publié le 24 octobre 2023. Une étude révèle que les patients atteints de mélanome ou de cancer du poumon, ayant reçu un vaccin à ARNm contre la COVID-19 peu après le début d’une immunothérapie, présentent un taux de survie significativement plus élevé.

  • Les patients vaccinés avec Pfizer ou Moderna dans les 100 jours suivant le début de l’immunothérapie ont une probabilité deux fois plus élevée de vivre après trois ans.
  • Des bénéfices importants ont également été observés chez les patients dont les tumeurs ne répondent généralement pas bien à l’immunothérapie, avec une survie globale triplée.
  • Les vaccins à ARNm agissent comme un signal d’alarme, renforçant la capacité du système immunitaire à reconnaître et à détruire les cellules cancéreuses.

Des chercheurs de l’Université de Floride ont mis en évidence un lien surprenant entre la vaccination contre la COVID-19 et l’efficacité de l’immunothérapie contre des cancers agressifs. L’étude, portant sur plus de 1 000 patients atteints de mélanome ou de cancer du poumon à un stade avancé, suggère que les vaccins à ARNm pourraient considérablement améliorer les résultats thérapeutiques.

L’immunothérapie par inhibiteurs de points de contrôle immunitaires, une approche thérapeutique qui consiste à stimuler le système immunitaire pour qu’il attaque les cellules cancéreuses, a révolutionné le traitement du cancer au cours de la dernière décennie. Cependant, cette méthode ne fonctionne pas toujours, en particulier chez les patients atteints de tumeurs dites « froides », qui parviennent à échapper à la détection immunitaire. Les tumeurs « froides » sont caractérisées par une faible infiltration de cellules immunitaires.

L’étude a révélé que les patients ayant reçu un vaccin à ARNm de Pfizer ou de Moderna dans les 100 jours suivant le début de l’immunothérapie avaient deux fois plus de chances d’être en vie après trois ans que ceux qui n’avaient pas été vaccinés. Plus étonnant encore, les patients atteints de tumeurs initialement peu réactives à l’immunothérapie ont vu leur survie globale à trois ans augmenter de près de cinq fois. Ces résultats demeurent significatifs même après avoir pris en compte des facteurs tels que la gravité de la maladie et la présence d’autres affections.

« Les vaccins à ARNm, même ceux qui ne sont pas spécifiquement conçus pour cibler le cancer d’un patient, peuvent “réveiller le géant endormi qu’est le système immunitaire pour combattre le cancer” »,

Elias Sayour, oncologue pédiatrique à l’Université de Floride

Pour comprendre ce mécanisme, les chercheurs utilisent des modèles animaux. Leurs travaux suggèrent que les vaccins à ARNm contre la COVID-19 agissent comme un signal d’alarme, incitant le système immunitaire à reconnaître et à détruire les cellules tumorales, tout en contrant la capacité du cancer à désactiver les cellules immunitaires. En combinant les vaccins à ARNm et les inhibiteurs de points de contrôle immunitaires, il est possible de libérer tout le potentiel du système immunitaire pour combattre les cellules cancéreuses. L’étude complète a été publiée dans la revue Cell.

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