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Ce que les cheveux peuvent nous dire sur notre santé

by Sophie Martin

Publié le 24 octobre 2025 23:50:00. Bien plus qu’un simple attribut esthétique, nos cheveux révèlent des informations cruciales sur notre santé et notre bien-être, agissant à la fois comme protecteurs, antennes sensorielles et indicateurs de déséquilibres internes.

  • Les cheveux abritent un microbiote unique qui contribue à la protection contre les infections et peut même influencer leur croissance.
  • Les follicules pileux sont dotés de terminaisons nerveuses sensibles, transformant le toucher en signaux cérébraux et participant à nos émotions.
  • Les cheveux enregistrent les agressions subies par l’organisme, reflétant des carences nutritionnelles, des maladies ou des périodes de stress intense.

Nos cheveux, avec leurs environ 100 000 follicules pileux sur le cuir chevelu et une présence notable sur le reste du corps, sont bien plus que de la kératine morte. Selon Maksim Plikus, biologiste cellulaire à l’Université de Californie à Irvine, chaque follicule peut être comparé à une imprimante 3D, produisant en continu un cheveu et le pigment qui lui donne sa couleur.

Ces brins capillaires ne se contentent pas d’embellir notre apparence ; ils jouent un rôle actif dans la protection de notre organisme. À l’intérieur des follicules se niche un véritable écosystème microbien, composé de bactéries, de virus et de champignons. Ralf Paus, dermatologue à l’Université de Miami, explique que, tout comme le microbiote intestinal, nous possédons un microbiote capillaire qui contribue à neutraliser les agents pathogènes et à réduire le risque d’infections. Des études récentes suggèrent même que ces microbes pourraient favoriser la croissance des cheveux et influencer leur couleur.

En cas de blessures mineures, telles que des égratignures ou des coupures, les cheveux participent également au processus de guérison. Le corps mobilise alors les cellules souches présentes dans les follicules pileux pour réparer les tissus endommagés. Une fois la plaie cicatrisée, ces cellules souches reprennent leur fonction première : la croissance des cheveux.

Mais le rôle des cheveux ne s’arrête pas là. Les follicules pileux sont en réalité de véritables antennes sensorielles, enveloppés de terminaisons nerveuses qui détectent le moindre contact ou mouvement de l’air. Angela Christiano, généticienne moléculaire à Columbia, souligne que cette sensibilité permet des réflexes rapides, comme le clignement des yeux face à un insecte approchant.

Les poils de la peau sont également riches en nerfs qui stimulent les centres émotionnels du cerveau. Une caresse douce ou le simple fait de se passer les doigts dans les cheveux peut procurer une sensation agréable. En revanche, l’épilation ou l’épilation des sourcils sont souvent douloureuses, car elles arrachent les poils de leur follicule, contrairement au rasage qui ne coupe que la tige pilaire.

Des recherches récentes ont révélé que les follicules pileux contiennent également des récepteurs du goût amer et des odeurs, qui pourraient influencer la croissance des cheveux. Des études préliminaires suggèrent que certains parfums pourraient stimuler la croissance, tandis que d’autres pourraient l’inhiber, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces observations.

Enfin, les follicules pileux possèdent une horloge interne, synchronisée avec le cycle circadien de notre corps. Luis Garza, dermatologue à Johns Hopkins Medicine, explique que cette horloge interne régule le cycle de croissance, de repos et de chute des cheveux. Il a ainsi été observé que les cheveux tendent à croître plus rapidement le matin qu’en fin de journée.

En raison de leur croissance rapide – les cheveux sont le deuxième tissu à croissance la plus rapide après la moelle osseuse – ils constituent un véritable témoin de notre état de santé. Antonella Tosti, dermatologue à l’Université de Miami, explique qu’un centimètre de cheveu peut conserver des informations biologiques sur environ un mois, permettant aux médecins d’analyser les cheveux pour détecter la consommation de drogues, les intoxications, le stress chronique et même l’observance des traitements médicaux.

« Les follicules pileux agissent comme de petits reins », précise Ralf Paus, capturant les toxines et les stockant dans la tige capillaire. C’est pourquoi une perte de cheveux soudaine et importante est souvent le signe d’une maladie ou d’une période de stress intense. Les carences nutritionnelles, les troubles thyroïdiens, la fièvre élevée, ainsi que des événements tels qu’une perte de poids rapide, un accouchement ou une intervention chirurgicale peuvent provoquer une chute brutale des cheveux. Bien que cette situation puisse être angoissante, les cheveux repoussent généralement dans les trois à six mois.

Il est normal de perdre entre 50 et 100 cheveux par jour. Au fil du temps, la texture des cheveux évolue, passant d’un duvet fin à des brins plus longs, plus foncés et plus épais, puis devenant plus fins, plus fragiles et plus blancs avec l’âge. « Nous tenons cela pour acquis, mais scientifiquement, les cheveux sont incroyables, une véritable merveille de l’ingénierie naturelle », conclut Maksim Plikus.

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