Publié le 27 octobre 2025 21:09:00. Bonnie Annis, survivante d’un cancer du sein depuis onze ans, partage son inquiétude face à la découverte d’une nouvelle grosseur, rappelant que la vigilance reste de mise même après des années de rémission.
- Bonnie Annis, diagnostiquée en 2014 avec un carcinome canalaire infiltrant de stade 2b, a ressenti la peur revenir après la découverte d’une grosseur suspecte.
- Bien que les statistiques indiquent une diminution du risque de récidive après dix ans, environ une femme sur cinq atteinte d’un cancer du sein à un stade précoce peut en connaître une.
- L’auteure souligne l’importance de la vigilance, de l’auto-palpation et des examens médicaux réguliers pour les survivantes du cancer du sein.
Après plus de onze années à vivre avec le titre de survivante, Bonnie Annis pensait avoir laissé derrière elle le chapitre le plus sombre de sa vie. Chaque anniversaire, chaque étape familiale, chaque bénédiction quotidienne lui confirmait qu’elle avait gagné du temps. Mais la vie, rappelle-t-elle, a souvent des surprises en réserve, et la peur peut ressurgir de manière inattendue.
Tout a commencé avec une petite masse dure, située juste sous la peau de sa poitrine. Une découverte qu’elle avait déjà remarquée quelques années auparavant, sans lui accorder beaucoup d’attention. Elle n’était ni douloureuse, ni en croissance apparente, et après son expérience passée, elle ne souhaitait tout simplement pas s’attirer de nouveaux soucis. Cependant, il y a quelques semaines, elle a constaté un changement : la grosseur avait grossi, était devenue plus rouge et plus sensible au toucher. C’est à ce moment-là que l’inquiétude est revenue.
Bonnie Annis se souvient avec émotion du jour où elle a reçu la confirmation de sa rémission, un moment qu’elle décrit comme un soulagement immense. Elle avait pleuré, prié et promis de ne plus jamais prendre un lever de soleil pour acquis. Pendant des années, elle a célébré chaque étape importante – cinq ans, huit ans, dix ans – en se sentant de plus en plus en sécurité. Elle avait lu que le risque de récidive diminuait considérablement après la première décennie, et elle s’était persuadée qu’elle était enfin libérée. Jusqu’à cette nouvelle grosseur.
Indécise, elle s’est demandée quel médecin consulter en premier : son oncologue ou son dermatologue ? Consciente de la cascade de rendez-vous médicaux que cela pouvait engendrer, elle a décidé de prendre contact avec les deux cabinets, estimant que celui qui la rappellerait le plus rapidement serait le plus approprié. C’est finalement le dermatologue qui a pris contact avec elle.
En attendant le médecin dans la salle d’examen, Bonnie Annis a tenté de calmer ses nerfs. Le froissement du papier de la blouse d’examen lui rappelait les lits d’hôpital et les tables de biopsie. Les souvenirs étaient encore trop présents. Lorsque la dermatologue et son assistante sont entrées, elle s’est sentie obligée de s’excuser, expliquant d’emblée qu’elle avait subi une mastectomie bilatérale. Elle le fait toujours, non pas par honte, mais pour éviter de surprendre le médecin lors du premier examen de sa poitrine. Même après onze ans, elle ressent le besoin de préparer les autres à ce avec quoi elle a appris à vivre.
Après un examen attentif, le médecin a demandé depuis combien de temps la grosseur était présente, et comment elle avait évolué. Bonnie Annis lui a raconté son histoire, et la dermatologue a mesuré la masse, estimant sa taille à environ cinq centimètres sur huit (2 pouces sur 4 pouces). Cette prise de conscience a fait battre son cœur plus fort.
Le diagnostic initial est un kyste, mais la dermatologue a souligné qu’il était enflammé. Elle a proposé des injections de stéroïdes pour réduire l’inflammation et a prescrit un antibiotique. Puis, elle a annoncé que, une fois l’inflammation calmée, une intervention chirurgicale serait nécessaire pour retirer le kyste. Ce seul mot, “chirurgie”, a ravivé un flot de souvenirs douloureux : l’odeur stérile des salles d’opération, l’étourdissement de l’anesthésie, la longue période de convalescence. Mais surtout, cela a ravivé la peur, la même peur froide qui avait autrefois envahi son corps – la peur que le cancer soit réapparu.
Elle a immédiatement envoyé un message à ses filles pour les informer de la situation. Leurs réponses ont été empreintes d’amour et d’inquiétude. « Nous allons prier pour toi, maman », a écrit l’une d’elles. Une autre a ajouté : « Tiens-nous au courant, s’il te plaît ». Aucune d’entre elles n’a prononcé le mot « cancer », mais Bonnie Annis savait qu’elles y pensaient, tout comme elle.
Récemment, elle avait discuté avec une amie du nombre de femmes qu’elle connaissait touchées par le cancer du sein. Certaines avaient survécu pendant des années, mais la maladie était réapparue sans prévenir. Elle avait alors déclaré qu’elle ne pouvait imaginer revivre cela. Et pourtant, elle se retrouvait confrontée à cette même possibilité.
Selon l’American Cancer Society, plus de 4 millions de femmes ont survécu au cancer du sein aux États-Unis. C’est un chiffre encourageant, témoignant des progrès de la détection précoce et des traitements. Cependant, la récidive reste une réalité, touchant environ une femme sur cinq après un diagnostic initial de cancer du sein à un stade précoce, parfois des décennies plus tard. Ces statistiques sont préoccupantes, mais elles ne racontent pas toute l’histoire. Car ce que les chiffres ne peuvent pas mesurer, c’est la foi, l’espoir et la détermination humaine à persévérer.
En quittant le cabinet du dermatologue, ordonnance en main, Bonnie Annis a pris une profonde inspiration. La peur n’avait pas disparu, mais elle était moins paralysante. Elle a réalisé que survivre au cancer ne signifie pas que la peur disparaît, mais que l’on apprend à la surmonter. Se souvenir de ce que l’on a vécu, de ce que l’on a surmonté, peut donner la force nécessaire pour affronter l’avenir.
Elle ne sait pas encore ce que cette grosseur révélera. Il pourrait s’agir d’un simple kyste inflammatoire, ou de quelque chose de plus grave. Mais elle sait qu’elle a déjà affronté le cancer, et qu’elle est prête à le faire à nouveau, si nécessaire, mais pas seule. Sa foi, sa famille et les prières de ceux qui l’aiment la précéderont, comme elles l’ont fait par le passé.
Ce soir, en écrivant ces lignes, elle se souvient d’un verset biblique qui l’a guidée tout au long de son traitement :
« Quand j’ai peur, je me confie en toi. »
Psaume 56:3
Ces mots résonnent aussi fortement aujourd’hui qu’ils l’étaient autrefois. La peur tentera toujours de ressurgir, mais la foi sera toujours là pour la contrer. Et c’est ainsi, a-t-elle appris, que les survivants continuent de survivre.
Un message à ses sœurs en rose : si vous lisez ces lignes et que vous avez déjà été confrontée au cancer du sein – ou si vous connaissez quelqu’un qui en est atteint – n’oubliez pas : la vigilance est essentielle. Connaissez votre corps, examinez vos cicatrices, signalez tout changement, même minime. Aux États-Unis, le risque moyen pour une femme de développer un cancer du sein est d’environ 1 sur 8, et la détection précoce peut sauver des vies.
Les mammographies, les visites de suivi et l’auto-palpation ne sont pas de simples routines médicales ; ce sont des actes de foi et de soin personnel. Chacun d’eux est une affirmation : « Ma vie compte, et je n’abandonne pas. »
Et si jamais la peur revient – comme cela arrive parfois – rappelez-vous ceci : vous avez déjà vaincu l’une des batailles les plus féroces de la vie. Vous n’êtes pas seule, et vous êtes plus forte que vous ne le croyez.
Cet article reflète l’expérience et le point de vue personnels de l’auteure. Pour un avis médical, veuillez consulter votre professionnel de santé.
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