Une augmentation des cas de virus respiratoire syncytial (VRS) inquiète les autorités sanitaires aux États-Unis, entraînant une hausse des hospitalisations chez les nourrissons et les jeunes enfants. Face à l’arrivée de la saison des virus respiratoires, les experts recommandent vivement la vaccination, notamment pour les femmes enceintes et les personnes âgées.
Les données récentes montrent une progression rapide du VRS. Pour la semaine du 11 octobre, environ 1,2 % des visites aux urgences pour les bébés de moins d’un an étaient liées à ce virus, contre 0,4 % un mois plus tôt, selon une analyse de PopHIVE, un projet de l’École de Santé Publique de Yale. Les épidémiologistes Katelyn Jetelina et Hannah Totte constatent que « une vague de VRS commence à s’installer ».
Le VRS peut provoquer des complications graves, notamment une pneumonie et une bronchiolite (inflammation des petites voies respiratoires des poumons), particulièrement chez les nourrissons, les personnes âgées et celles souffrant de certaines pathologies. Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains, environ 2 à 3 % des jeunes nourrissons sont hospitalisés chaque année pour cette infection. Une étude publiée dans la revue Pédiatrie révèle que la majorité des enfants hospitalisés pour une maladie respiratoire aiguë due au VRS étaient auparavant en bonne santé et peuvent nécessiter une assistance respiratoire.
Contrairement à la grippe et au COVID-19, il n’existe actuellement aucun traitement antiviral spécifique pour le VRS une fois l’infection installée. La prévention, par la vaccination, est donc essentielle.
Les autorités sanitaires californiennes signalent un niveau « moyen » de VRS dans les eaux usées de San José, Palo Alto et Sunnyvale, indiquant un début de saison. Le Dr Regina Chinsio-Kwong, responsable de la santé du comté d’Orange, insiste sur l’importance de se faire vacciner rapidement : « C’est le moment idéal pour se faire vacciner si vous ne l’avez pas déjà fait, surtout avant que l’activité des virus respiratoires n’augmente potentiellement plus tard. »
La vaccination contre le VRS est recommandée pour les femmes enceintes entre 32 et 36 semaines de gestation, ainsi que pour les personnes de plus de 75 ans et celles âgées de 50 à 74 ans présentant des problèmes de santé sous-jacents tels que le diabète, le cancer, une maladie rénale, un système immunitaire affaibli, l’asthme ou une maladie cardiaque. Les résidents des maisons de retraite et des établissements de soins de longue durée sont également concernés. Si une femme enceinte n’a pas été vaccinée, la vaccination de son bébé est conseillée.
Trois vaccins contre le VRS sont désormais disponibles : mResvia (Moderna), Abrysvo (Pfizer) et Arexvy (GSK). Seul le vaccin Pfizer est approuvé pour les femmes enceintes. Les nourrissons peuvent également bénéficier d’une immunisation grâce à des anticorps monoclonaux. Les personnes âgées ayant déjà reçu un vaccin contre le VRS n’ont généralement pas besoin d’une dose supplémentaire.
Cette campagne de vaccination intervient après une saison 2022-2023 particulièrement difficile, marquée par une « tripledémie » de VRS, de grippe et de COVID-19. Les vaccins contre la grippe et le COVID-19 sont quant à eux recommandés chaque année avant l’arrivée de la saison froide. Les personnes de plus de 65 ans peuvent recevoir une dose de rappel contre le COVID-19 tous les six mois.
Il est possible de se faire vacciner contre le VRS, la grippe et le COVID-19 lors d’une même consultation médicale, ce qui permet d’optimiser la protection et d’éviter les oublis, selon Allison Hill, directrice des affaires professionnelles de l’American Pharmacists Assn.
Après des difficultés initiales liées à des directives confuses et à des retards dans l’approbation des vaccins COVID-19, la situation s’est améliorée. Les pharmacies et les autorités sanitaires californiennes affirment qu’il est désormais relativement facile d’obtenir les vaccins nécessaires.
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