Home MondeUn ours japonais s’introduit dans les maisons juste pour manger les gens. « Du jamais vu depuis 130 ans » « C’est la guerre » appelle une réponse globale | Orientation internationale – TaiSounds

Un ours japonais s’introduit dans les maisons juste pour manger les gens. « Du jamais vu depuis 130 ans » « C’est la guerre » appelle une réponse globale | Orientation internationale – TaiSounds

by Clara Dubois

Publié le 29 octobre 2025 11h14. Le Japon est confronté à une crise sans précédent liée aux attaques d’ours noirs asiatiques, qui se montrent de plus en plus agressifs et osent s’attaquer à des populations humaines, poussant même les autorités à envisager une intervention militaire.

  • Une augmentation spectaculaire des incidents impliquant des ours noirs asiatiques a été constatée à travers le pays depuis le mois d’octobre.
  • Des experts mettent en garde contre un changement radical dans le comportement des ours, avec des cas de cannibalisme signalés pour la première fois en plus de 130 ans.
  • L’ancien gouverneur de la préfecture d’Akita qualifie la situation de « guerre » et appelle à une réponse énergique.

Le Japon est en état d’alerte face à une recrudescence inquiétante des attaques d’ours noirs asiatiques. Depuis le début de l’automne, et plus particulièrement depuis le mois d’octobre, les incidents se multiplient, allant de simples confrontations à des attaques mortelles. Cette crise a atteint un point critique, obligeant les gouvernements locaux à solliciter l’aide des Forces d’autodéfense japonaises.

Kazuhiko Yoneda, directeur de l’Institut japonais de recherche sur l’ours noir d’Asie, qui consacre plus de 50 ans à l’étude de ces animaux, observe une évolution alarmante. Il a déclaré aux médias japonais que l’agressivité des ours a atteint un niveau « manifestement supérieur » à ce qui avait été observé par le passé.

« Cette année, des accidents mortels majeurs ont commencé à se produire début octobre et se sont poursuivis jusqu’à ce jour. Il s’agit évidemment d’une situation anormale. »

Kazuhiko Yoneda, directeur de l’Institut japonais de recherche sur l’ours noir d’Asie

Les observations de M. Yoneda sont corroborées par des incidents récents particulièrement choquants. Le 4 juillet, une femme de 80 ans a été tuée dans la ville de Kitakami Waga, dans la préfecture d’Iwate, après avoir été attaquée par un ours entré par effraction dans son domicile. L’expert estime qu’il s’agit très probablement d’une attaque motivée par le cannibalisme, un comportement qui n’avait pas été observé depuis plus de 130 ans.

Le 3 octobre, dans la ville de Kurikoma, préfecture de Miyagi, quatre personnes ont été attaquées alors qu’elles cueillent des champignons en montagne. Un décès et une disparition ont été à déplorer. La disparition de la femme, dont le corps n’a pas été retrouvé depuis près d’un mois, suscite une vive inquiétude, car elle pourrait indiquer que l’ours a consommé sa victime. M. Yoneda met en garde contre le risque que l’ours, après avoir goûté à la chair humaine, développe un comportement cannibale.

Selon lui, les ours tués cette année ont été retrouvés avec des carcasses dissimulées sous des feuilles de bambou, ce qui témoigne d’une volonté de protéger leur nourriture et d’une perception de l’homme comme une proie.

Satake Takahisa, l’ancien gouverneur de la préfecture d’Akita, qui a démissionné en avril dernier, ne mâche pas ses mots. Il considère que la situation a dégénéré au point de constituer une « guerre ».

« Les gens des villes ne comprennent peut-être pas qu’aller à la montagne fait partie de la vie. Il y a beaucoup de vieilles dames qui gagnent 2 à 3 millions de yens (environ 15 000 à 18 000 euros) par an en ramassant des légumes sauvages pour gagner leur vie. À cause des ours, le nombre de champignons maitake sur le marché a diminué cette année. Même le festival dans la région de Kitakami (préfecture d’Iwate) a été annulé. »

Satake Takahisa, ancien gouverneur de la préfecture d’Akita

M. Satake souligne que cette crise menace le mode de vie des populations rurales, leur économie et leur vitalité. Il craint que le déclin démographique des campagnes ne s’accélère si la menace des ours persiste.

Il explique que le vieillissement et le dépeuplement des zones rurales favorisent l’intrusion des ours dans les zones habitées. La densité forestière accrue, due à l’abandon des terres agricoles, offre un habitat idéal aux ours, les rapprochant des populations humaines. M. Satake affirme que la situation est bien plus grave que ne le laissent entendre les statistiques officielles, évoquant des zones où le nombre d’ours dépasse celui des habitants.

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