Une concentration notable des dépenses de santé en Belgique est portée par une minorité de patients, révélant des inégalités significatives dans l’accès aux soins. Une étude récente de l’Agence InterMutualiste (AIM) met en lumière le fait que 5 % de la population bénéficiaire de l’assurance maladie obligatoire concentrent près de 58 % des dépenses totales.
Selon l’AIM, ces patients à forte consommation de soins sont majoritairement des personnes en fin de vie ou atteintes de maladies rares. Pour ces 5 % de patients, l’assurance maladie a pris en charge au moins 14 000 € de frais médicaux. Ce chiffre dépasse même les 100 000 € pour 1 % de la population.
En comparaison, la moitié des bénéficiaires de l’assurance maladie obligatoire belge voit ses dépenses de santé couvertes à hauteur de 652 € maximum. Beaucoup de patients ont des dépenses bien inférieures à ce montant.
« La sécurité sociale en Belgique aide particulièrement les personnes qui peuvent avoir des très gros frais, des frais que la plupart des gens ne seraient pas capables d’assumer eux-mêmes et donc pour lesquels ils ne seraient pas capables de se soigner », explique Xavier Rygaert, spécialiste en santé publique et en économie de la santé, analyste de données pour l’AIM.
L’étude révèle également que ces patients les plus malades représentent 29,1 % du total des tickets modérateurs payés par les patients belges, un chiffre en augmentation par rapport aux 25 % enregistrés il y a dix ans. La quote-part personnelle de ces patients s’élève en moyenne à 552 € par an, contre un maximum de 86 € pour la moitié des bénéficiaires de l’assurance maladie.
Ces données confirment le rôle essentiel de la sécurité sociale belge dans la prise en charge des dépenses de santé les plus importantes, permettant ainsi l’accès aux soins pour les personnes confrontées à des coûts prohibitifs.
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