Home Monde“Ce sera rapide, féroce et doux”

“Ce sera rapide, féroce et doux”

by Clara Dubois

Publié le 26 octobre 2023 10h30. L’ancien président américain Donald Trump a provoqué une nouvelle crise diplomatique en annonçant qu’il avait ordonné à l’armée américaine de préparer une intervention militaire au Nigeria, sous prétexte de protéger les chrétiens persécutés. Cette menace intervient après des critiques répétées de Trump envers le gouvernement nigérian.

  • Donald Trump a affirmé avoir ordonné au Pentagone de préparer un plan d’action militaire au Nigeria.
  • Il menace de suspendre toute aide américaine au Nigeria s’il ne met pas fin à la violence contre les chrétiens.
  • Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a rejeté les accusations de Trump, défendant la coexistence religieuse dans son pays.

La tension est montée d’un cran après que Donald Trump a dénoncé, sur ses réseaux sociaux, la situation des chrétiens au Nigeria, qu’il accuse d’être victimes de persécutions. Il a menacé de sanctions sévères et même d’une intervention armée si le gouvernement nigérian ne prend pas des mesures pour y mettre fin.

« Si le gouvernement nigérian continue d’autoriser le meurtre de chrétiens, les États-Unis suspendront immédiatement toute aide et assistance et entreront très probablement dans ce pays maintenant discrédité “avec les armes à la main” pour éliminer complètement les terroristes islamistes qui commettent ces horribles atrocités. »

Donald Trump, via les réseaux sociaux

Trump a précisé qu’il avait donné l’ordre au Département de la Guerre (le Pentagone) de se préparer à une éventuelle action, promettant une intervention « rapide, féroce et douce ». Il a également comparé une éventuelle action américaine à des « voyous terroristes » attaquant des chrétiens.

Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a fermement réfuté les allégations de Trump, qualifiant sa description de la situation au Nigeria de « ne reflétant pas la réalité nationale ». Dans un communiqué, il a souligné que la liberté religieuse et la tolérance sont des principes fondamentaux de l’identité nigériane.

« La liberté religieuse et la tolérance sont un principe fondamental de notre identité collective et le seront toujours. Le Nigeria s’oppose et n’encourage pas la persécution religieuse. »

Bola Ahmed Tinubu, président du Nigeria

Ces déclarations interviennent après que Trump a qualifié le Nigeria de « nation particulièrement préoccupante » en raison de la violence à l’encontre des chrétiens. Le sénateur américain Ted Cruz a également appelé le Congrès à réintégrer le Nigeria sur la liste des pays violant la liberté religieuse, dénonçant des « meurtres massifs de chrétiens ».

Le Nigeria, avec ses 220 millions d’habitants, est divisé à peu près également entre chrétiens et musulmans. Le pays est confronté à une crise d’insécurité chronique, exacerbée par les attaques du groupe extrémiste Boko Haram, qui vise à imposer une version radicale de la loi islamique. Cependant, Boko Haram s’en prend également à des musulmans qu’il juge insuffisamment pieux.

Les conflits au Nigeria sont complexes et multifactoriels, allant des affrontements à motivation religieuse aux disputes pour les ressources naturelles entre agriculteurs et éleveurs, en passant par les tensions ethniques et les mouvements sécessionnistes. Bien que les chrétiens soient souvent la cible d’attaques, les analystes et les organisations internationales soulignent que la majorité des victimes appartiennent aux communautés musulmanes du nord du pays.

La porte-parole du ministère nigérian des Affaires étrangères, Kimiebi Ebienfa, a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à protéger tous ses citoyens, « sans distinction de race, de croyance ou de religion ». Elle a souligné que le Nigeria, comme les États-Unis, doit « célébrer la diversité, qui est notre plus grande force ».

Le Nigeria avait été inclus pour la première fois sur la liste des « pays de préoccupation particulière » en 2020, sous l’administration Trump. Cette désignation a été levée en 2023, une décision interprétée par certains comme une tentative d’améliorer les relations bilatérales avant la visite du secrétaire d’État américain de l’époque, Antony Blinken.

You may also like

Leave a Comment