Home AffairesL’euro tient bon alors que la prudence de la Fed et la faiblesse du PMI américain frappent le dollar américain

L’euro tient bon alors que la prudence de la Fed et la faiblesse du PMI américain frappent le dollar américain

by Amélie Bernard

La paralysie politique à Washington, qui s’annonce comme la plus longue de l’histoire américaine, pèse sur le dollar et modifie les prévisions économiques, tandis que les marchés des changes sont en pleine mutation. Les inquiétudes grandissent quant à la durée de cette impasse budgétaire et ses répercussions sur la politique monétaire de la Réserve fédérale.

L’activité économique américaine a montré des signes de faiblesse en octobre, selon l’indice PMI de l’ISM, qui est resté en territoire de contraction pour le huitième mois consécutif, atteignant 48,7 après 49,1 le mois précédent. Cette baisse, combinée à un ralentissement de l’inflation, a affaibli le dollar. Les prix ont diminué par rapport à septembre, et l’emploi a également reculé, signalant un possible assouplissement de la politique monétaire de la Fed à la fin de l’année.

Jerome Powell, le président de la Fed, a souligné que la fermeture du gouvernement américain l’oblige à adopter une approche prudente. Les marchés prédictifs, tels que Polymarket et Kalshi, estiment désormais qu’il y a 52 % de chances que cette situation perdure jusqu’à mi-novembre, ce qui réduirait les perspectives d’une évolution favorable du dollar en décembre.

Par ailleurs, l’euro a bénéficié d’un revirement politique en France, où les socialistes ont renoncé à leur projet de destitution du Premier ministre, accordant ainsi au gouvernement plus de temps pour élaborer un budget acceptable.

En Australie, la décision de la Banque de réserve d’Australie (RBA) de maintenir son taux directeur inchangé à 3,6 % a déçu les marchés et pesé sur l’australien (AUD). Les neuf membres du conseil ont voté à l’unanimité pour cette décision, invoquant les risques persistants d’une accélération de l’inflation. Cette position, plus restrictive que prévu, a surpris les analystes, dont Goldman Sachs et la Commonwealth Bank of Australia, qui anticipaient la fin du cycle de resserrement monétaire. Les marchés à terme s’attendent désormais à une baisse des taux d’ici mai prochain, et une action plus rapide de la RBA pourrait entraîner une nouvelle chute de l’aussie.

Sur le marché des changes, la pression monte à l’approche du seuil de 155 pour le yen face au dollar. Les investisseurs, craignant une intervention des autorités monétaires, prennent leurs bénéfices, passant de la cupidité à la peur et provoquant un recul du couple dollar/yen. Même les affirmations de Goldman Sachs et de Bank of America, qui estiment que 155 n’est pas une ligne rouge, n’ont pas réussi à rassurer les traders.

Enfin, le ralentissement de l’inflation en Suisse, à 0,1 %, a ravivé les spéculations sur un possible retour de la Banque nationale suisse (BNS) à des taux d’intérêt négatifs, exerçant ainsi une pression à la baisse sur le franc suisse.

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