Home SantéL’obésité et le surpoids infantiles restent un problème majeur dans la Région européenne

L’obésité et le surpoids infantiles restent un problème majeur dans la Région européenne

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 14:53:00. L’obésité infantile reste un problème de santé publique majeur en Europe, mais une nouvelle étude de l’OMS suggère une possible stabilisation de l’épidémie, tout en soulignant une sous-estimation persistante du problème par les parents.

  • Près d’un quart des enfants de 7 à 9 ans en Europe sont en surpoids, dont 11 % obèses.
  • Les parents ont tendance à sous-estimer le poids de leurs enfants, avec 66 % des enfants en surpoids considérés comme ayant un poids normal par leurs parents.
  • L’étude révèle un double fardeau de la malnutrition, avec une coexistence de la minceur et de l’obésité dans plusieurs pays.

Une nouvelle analyse de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) révèle que le surpoids et l’obésité continuent de toucher un nombre important d’enfants dans la région européenne, contribuant à un risque accru de maladies graves telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires et certains cancers. Le rapport, basé sur les données de la sixième édition de l’Initiative européenne de surveillance de l’obésité infantile (COSI), apporte un éclairage précieux sur les tendances actuelles et les défis à relever.

L’étude COSI, qui constitue la source d’information la plus complète à ce jour sur la croissance, le mode de vie et les comportements liés à la santé des enfants en Europe, s’appuie sur les données collectées après le pic de la pandémie de COVID-19. Elle analyse les données de près de 470 000 enfants âgés de 6 à 9 ans dans 37 pays, complétées par des informations supplémentaires sur plus de 150 000 familles.

Les chiffres clés révèlent que 25 % des enfants de 7 à 9 ans sont en surpoids (incluant l’obésité) et que 11 % sont obèses. Une disparité notable est observée entre les sexes, les garçons étant plus susceptibles (13 %) que les filles (9 %) de souffrir d’obésité. La prévalence varie considérablement d’un pays à l’autre, avec des taux particulièrement élevés dans certaines régions d’Europe du Sud, où près d’un enfant sur cinq est concerné par l’obésité.

Si la tendance générale semble se stabiliser, les changements observés sont plus souvent à la hausse qu’à la baisse. De plus, pour la première fois, l’étude COSI met en évidence la coexistence de la minceur et de l’obésité, un phénomène qui témoigne des inégalités persistantes en matière de nutrition et de santé au sein des pays européens.

Un aspect préoccupant souligné par le rapport est la sous-estimation du poids des enfants par leurs parents. Près des deux tiers (66 %) des enfants en surpoids sont perçus comme ayant un poids normal ou insuffisant par leurs parents. Ce manque de sensibilisation est constaté dans tous les pays pour lesquels des données sont disponibles, avec plus de la moitié des parents d’enfants en surpoids qui sous-estiment leur état pondéral.

En matière d’habitudes alimentaires, les résultats de l’étude COSI montrent que seulement 46 % des enfants consomment des fruits frais quotidiennement et 32 % mangent des légumes au moins une fois par jour. Moins de 5 % atteignent les recommandations de l’OMS de cinq portions de fruits et légumes par jour. La consommation d’aliments transformés et de boissons sucrées reste élevée, avec 41 % des enfants consommant des sucreries, 29 % buvant des sodas et 16 % mangeant des snacks salés plus de trois fois par semaine.

Le rapport souligne également un lien entre le niveau socio-économique et les habitudes alimentaires. Les enfants issus de familles dont les parents ont un niveau d’éducation plus élevé ont tendance à avoir une alimentation plus saine, tandis que la consommation fréquente de snacks sucrés ou salés est plus courante dans les familles aux parents moins instruits.

L’étude COSI a également examiné, pour la première fois, l’impact de la commande d’aliments en ligne. Si plus de la moitié des familles interrogées dans 18 pays commandent rarement ou jamais des produits d’épicerie en ligne, jusqu’à 39 % le font au moins une fois par mois, ce qui témoigne d’une tendance croissante vers les repas préparés ou livrés.

Concernant l’activité physique, 53 % des enfants se rendent activement à l’école (à pied, à vélo ou en trottinette), tandis que 40 % utilisent les transports motorisés. Les enfants issus de familles moins instruites sont plus susceptibles de se déplacer activement, ce qui suggère que l’accès à des modes de transport actifs dépend en partie des circonstances socio-économiques.

Presque tous les parents déclarent que leur enfant pratique une activité physique intense pendant au moins une heure par jour, conformément aux recommandations de l’OMS. 89 % des enfants dorment au moins neuf heures par nuit, mais moins de la moitié (47 %) atteignent les dix heures recommandées.

L’étude révèle également que certains comportements n’ont que partiellement retrouvé leur niveau d’avant la pandémie de COVID-19 et que les comportements sédentaires restent plus répandus dans de nombreux pays. Globalement, 42 % des enfants passent au moins deux heures par jour devant un écran en semaine et 78 % le week-end. Les garçons ont tendance à passer plus de temps devant les écrans que les filles, et les enfants issus de familles moins instruites y consacrent également plus de temps.

« Les données du COSI Round 6 suggèrent que même si la prévalence se stabilise dans certains pays, le surpoids et l’obésité chez les enfants restent alarmants et menacent la santé des générations actuelles et futures. »

Dr Kremlin Wickramasinghe, Représentant régional pour la nutrition, l’activité physique et l’obésité à l’OMS/Europe

« La lutte contre les maladies non transmissibles reste une priorité dans le deuxième programme de travail européen de l’OMS 2026-2030. Le renforcement et l’intensification des approches fondées sur des données probantes en matière de prévention de l’obésité constituent une partie essentielle de cet effort et sont cruciales pour protéger la santé et le bien-être des enfants dans notre région. »

Dr Gundo Weiler, Directeur de la prévention et de la promotion de la santé à l’OMS/Europe

Pour lutter efficacement contre l’obésité infantile, l’OMS recommande notamment la mise en place de politiques fiscales telles que des taxes sur les boissons sucrées et les aliments transformés, des restrictions sur la publicité d’aliments malsains, un étiquetage alimentaire clair et des exigences nutritionnelles plus strictes pour les repas scolaires, ainsi que des mesures visant à promouvoir l’activité physique et les transports actifs.

Grâce à une surveillance continue, à des approches fondées sur des données probantes et à la mise en œuvre durable des mesures recommandées, les pays européens peuvent stopper et inverser l’épidémie d’obésité et garantir que chaque enfant grandisse en bonne santé et atteigne son plein potentiel.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.