Publié le 2024-05-21 14:35:00. L’Irlande doit anticiper un ralentissement de sa croissance économique et une détérioration de ses finances publiques dans les quatre prochaines décennies, selon un rapport gouvernemental qui explore différents scénarios jusqu’en 2065. Vieillissement de la population, baisse des recettes fiscales et coûts liés au climat sont au cœur des défis identifiés.
- Le rapport « Future Forty : A Fiscal and Economic Outlook to 2065 » prévoit un ralentissement de la croissance économique et une baisse constante de la situation budgétaire de l’Irlande.
- La productivité et l’immigration sont identifiées comme des facteurs clés pour atténuer les risques et maintenir la croissance.
- L’impôt sur les sociétés, actuellement exceptionnel, devrait s’amenuiser progressivement pour atteindre zéro entre 2030 et 2040.
Présenté mardi par le ministre des Finances, Paschal Donohoe, ce rapport constitue une évaluation à long terme de l’économie et de la société irlandaises. Il s’appuie sur la modélisation de plus de 2 000 scénarios, tenant compte des grandes tendances mondiales et des spécificités de l’économie irlandaise. L’objectif, selon le ministère, est de fournir une base factuelle pour orienter les décisions politiques à long terme.
Le scénario central, considéré comme le plus probable au vu des données actuelles, anticipe une croissance continue du niveau de vie, mais à un rythme plus lent qu’aujourd’hui. Les principaux facteurs expliquant cette situation sont les changements démographiques, un ralentissement de la productivité, les coûts liés à la lutte contre le changement climatique et une diminution des recettes issues de l’impôt sur les sociétés.
L’économiste en chef du ministère des Finances, John McCarthy, a souligné l’importance cruciale de la productivité. Selon lui, même des « gains de productivité modestes » pourraient considérablement améliorer les perspectives économiques et budgétaires du pays. Il a déclaré :
« Le point à retenir du rapport est l’importance de la productivité. »
John McCarthy, économiste en chef du ministère des Finances
Le rapport met également en évidence le rôle essentiel de l’immigration pour maintenir la croissance de la population active. À titre d’exemple, il prévoit une diminution de la population active d’ici 2035 en l’absence d’immigration. Concernant les recettes fiscales, le rapport anticipe une stabilisation de la plupart des impôts, mais une disparition progressive de l’impôt sur les sociétés exceptionnel entre 2030 et 2040.
L’étude prévoit également une stabilisation de l’offre de logements dans les années 2040, après une période de forte demande au début des années 2030. Les auteurs insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une prédiction, mais d’un outil d’aide à la décision. Ils soulignent qu’il permet d’identifier les risques et les opportunités pour mieux éclairer les choix politiques actuels.
Cette analyse s’inscrit dans une démarche similaire à celle menée par d’autres pays, tels que le Canada, la Finlande et l’Autriche. Paschal Donohoe a qualifié ce projet de « catalyseur du débat » sur l’avenir de l’Irlande. John McCarthy a ajouté qu’il visait à corriger une tendance à se concentrer sur les perspectives économiques à court terme. Le ministère des Finances a également mis en ligne un outil interactif permettant aux utilisateurs d’explorer l’impact de différents choix politiques sur l’économie et la société irlandaises.
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