Publié le 5 novembre 2025 à 12h00. Malgré un relâchement de la surveillance, le virus Covid-19 continue de circuler et de muter, avec une récente augmentation des cas signalés à l’échelle mondiale, soulevant des inquiétudes quant à la capacité de suivre et de contrer les nouvelles souches.
- Les cas de Covid-19 ont augmenté de plus de 19 000 dans le monde au cours du dernier mois, un chiffre qui pourrait être sous-estimé en raison du manque de données.
- Deux variants, Stratus (XFG) et Nimbus (NB.1.8.1), dominent actuellement la circulation mondiale, avec des symptômes similaires mais des particularités distinctes.
- Les stratégies de vaccination se concentrent désormais sur les populations les plus vulnérables, mais des experts s’interrogent sur la suffisance de cette approche.
Alors que la pandémie semble s’éloigner des préoccupations majeures, le virus SARS-CoV-2 continue d’évoluer et de se propager silencieusement. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a récemment fait état d’une augmentation des infections, avec plus de 19 000 cas supplémentaires enregistrés le mois dernier. Si ce chiffre peut sembler modeste, les scientifiques mettent en garde contre une réalité bien plus vaste, masquée par un manque alarmant de données fiables.
La surveillance épidémiologique, autrefois globale et rigoureuse, est devenue fragmentée et inégale. De nombreux pays ont abandonné les tests systématiques et le suivi des cas, laissant à l’initiative individuelle la déclaration des résultats positifs obtenus par des tests rapides à domicile. Cette absence de données rend difficile l’élaboration de campagnes de vaccination adaptées aux variants actuellement en circulation.
Face à la diminution des signalements de cas, les chercheurs se tournent vers d’autres méthodes pour suivre l’évolution du virus. La surveillance hospitalière et l’analyse des eaux usées sont devenues des outils essentiels pour observer les tendances au sein des communautés.
Ces méthodes indirectes ont permis d’identifier les deux variants qui dominent actuellement la scène mondiale : Stratus (XFG), surnommé la variante « Frankenstein », et Nimbus (NB.1.8.1). Stratus représente une écrasante majorité de 76 % des cas signalés, en particulier en Europe et en Amérique. Nimbus, quant à lui, est plus répandu dans le Pacifique occidental, avec 15 % des cas.
Les deux variants présentent des symptômes communs à leurs prédécesseurs : fièvre, toux, congestion nasale. Cependant, Nimbus se distingue par un symptôme spécifique et préoccupant : un mal de gorge décrit par les patients comme une « lame tranchante » lors de la déglutition. Les données actuelles restent toutefois incomplètes, avec moins de 35 pays qui continuent de communiquer des chiffres sur les hospitalisations.
Malgré ces lacunes, les analyses génomiques actuelles permettent d’évaluer l’efficacité des vaccins disponibles face aux nouvelles souches.
Une stratégie vaccinale en mutation
La stratégie de vaccination a également évolué. Dans des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni et une grande partie de l’Europe, les campagnes actuelles se concentrent principalement sur les personnes de plus de 65 ou 75 ans, ainsi que sur les individus immunodéprimés depuis plus de six mois.
Mais Michael Tête, épidémiologiste à l’Université de Southampton, estime que cette approche pourrait ne pas être suffisante :
« L’infection reste désagréable et les vaccins apportent des bénéfices significatifs pour la santé. Ce sont des outils essentiels pour contenir la menace du Covid-19. »
Michael Tête, épidémiologiste à l’Université de Southampton
Dans de nombreux pays, les rappels vaccinaux contre le Covid-19 sont administrés simultanément avec le vaccin contre la grippe à l’automne, en prévision de la saison hivernale des virus respiratoires. Cependant, la question de savoir si le Covid-19 est réellement saisonnier reste ouverte. Une étude réalisée en 2021 a révélé que 90 % des infections se produisaient à des températures comprises entre 3 et 17 degrés Celsius.
Des données hospitalières récentes montrent une augmentation des admissions pour Covid-19 au cours des mois d’été, ce qui suggère que, contrairement à la grippe, le SARS-CoV-2 pourrait ne pas suivre un schéma saisonnier strict, compliquant ainsi la planification des campagnes de vaccination.
L’espoir réside dans le développement d’un vaccin combiné, capable de protéger simultanément contre la grippe et le Covid-19, et de couvrir toutes les variantes pertinentes.
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