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Les protéines de mini lama sont prometteuses pour le traitement de la maladie d’Alzheimer

Publié le 7 novembre 2023. Des chercheurs français explorent le potentiel thérapeutique des nanocorps, de minuscules protéines issues des camélidés, pour traiter des maladies cérébrales complexes comme la schizophrénie et la maladie d'Alzheimer, offrant une nouvelle approche prometteuse…

Les protéines de mini lama sont prometteuses pour le traitement de la maladie d’Alzheimer

Publié le 7 novembre 2023. Des chercheurs français explorent le potentiel thérapeutique des nanocorps, de minuscules protéines issues des camélidés, pour traiter des maladies cérébrales complexes comme la schizophrénie et la maladie d’Alzheimer, offrant une nouvelle approche prometteuse face aux limites des traitements actuels.

  • Les nanocorps, présents chez les chameaux, les lamas et les alpagas, pourraient franchir plus facilement la barrière hémato-encéphalique que les médicaments traditionnels.
  • Leur petite taille et leur structure unique pourraient réduire les effets secondaires tout en améliorant l’efficacité des traitements.
  • Des études toxicologiques et des évaluations de sécurité à long terme sont nécessaires avant de pouvoir tester ces traitements chez l’homme.

Une nouvelle étude, publiée le 5 novembre dans la revue Tendances en sciences pharmacologiques, met en lumière les avantages potentiels de ces nanocorps pour le traitement des troubles neurologiques. Les anticorps classiques, largement utilisés dans le traitement de cancers et de maladies auto-immunes, ont jusqu’à présent rencontré des difficultés à cibler efficacement le cerveau, souvent avec des effets indésirables significatifs.

« Les nanocorps de camélidés ouvrent une nouvelle ère de thérapies biologiques pour les troubles cérébraux et révolutionnent notre réflexion sur la thérapeutique », explique Philippe Rondard, chercheur au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) à Montpellier. « Nous pensons qu’ils peuvent former une nouvelle classe de médicaments entre les anticorps conventionnels et les petites molécules. »

Découverts au début des années 1990 par des scientifiques belges étudiant le système immunitaire des camélidés, les nanocorps représentent une version simplifiée des anticorps, constituée uniquement de chaînes lourdes. Ces fragments actifs sont environ dix fois plus petits que les anticorps typiques et n’ont été observés chez aucun autre mammifère, à l’exception de certains poissons cartilagineux.

Selon Pierre-André Lafon, également chercheur au CNRS, la structure compacte des nanocorps est un atout majeur. « Ce sont de petites protéines très solubles qui peuvent pénétrer passivement dans le cerveau », précise-t-il. Contrairement aux petites molécules conçues pour traverser la barrière hémato-encéphalique, qui sont souvent hydrophobes et peuvent provoquer des effets secondaires, les nanocorps présentent une meilleure biodisponibilité et un risque réduit de liaison à des cibles non désirées.

Des études antérieures ont déjà démontré la capacité des nanocorps à rétablir un comportement normal dans des modèles murins de schizophrénie et d’autres troubles neurologiques. Au-delà de leurs propriétés biologiques, les nanocorps sont plus faciles à produire et à purifier que les anticorps traditionnels, et peuvent être précisément conçus pour cibler des molécules spécifiques dans le cerveau.

Cependant, avant de pouvoir envisager des essais cliniques sur l’homme, l’équipe de recherche souligne la nécessité de mener des études toxicologiques approfondies et d’évaluer la sécurité à long terme de ces traitements. Il est également crucial de comprendre les effets d’une administration chronique et de déterminer la durée d’action des nanocorps dans le cerveau, afin d’établir des stratégies de dosage précises.

« En ce qui concerne les nanocorps eux-mêmes, il faut aussi évaluer leur stabilité, confirmer leur bon repliement et s’assurer de l’absence d’agrégation », ajoute Rondard. « Il sera nécessaire d’obtenir des nanocorps de qualité clinique et des formulations stables qui maintiennent leur activité pendant le stockage et le transport à long terme. »

Le laboratoire de recherche a déjà entamé l’étude de ces différents paramètres et a récemment démontré que les conditions de traitement sont compatibles avec une administration chronique. Cette recherche a été soutenue par le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), l’Université de Montpellier, l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) (ANR-20-CE18-0011; ANR-22-CE18-0003; ANR-25-CE18-0434), la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM) (EQU202303016470 et PMT202407019488), LabEX MAbImprove (ANR-10-LABX-5301), Proof-of-concept Région Occitanie, et l’agence de transfert de technologie SaTT AxLR Occitanie.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.