Dans les paysages enneigés du Cachemire, la série Netflix Baramulla, lancée le 7 novembre, explore un mystère glaçant qui dépasse les simples disparitions d’enfants pour révéler les blessures profondes d’un passé tourmenté. Ce thriller surnaturel, qui se déroule en décembre 2016, tisse une toile complexe de foi, de traumatisme et de quête de rédemption.
L’intrigue débute avec l’arrivée du DSP Ridwaan Sayyed (Manav Kaul) à Baramulla, une ville apparemment paisible où une série d’enfants ont mystérieusement disparu. Accompagné de sa femme Gulnaar (Bhasha Sumbli) et de leurs enfants Noorie (Arista Mehta) et Ayaan (Rohaan Singh), il emménage dans une vieille maison abandonnée, ignorant qu’elle est imprégnée des souvenirs tragiques d’une famille hindoue, les Sapru.
La maison appartenait autrefois à Kamalanand, sa femme Mansi et leurs enfants Eela et Sharad. Les Pandits, une minorité hindoue du Cachemire, ont été victimes de persécutions et de déplacements forcés à la fin des années 1980 et au début des années 1990, alors que des groupes militants séparatistes exigeaient l’indépendance de la région et son islamisation. La famille Sapru a été brutalement assassinée par des militants : Kamalanand, puis Mansi et Eela, après que leur emplacement ait été révélé par Zainab, la meilleure amie d’Eela. Seul Sharad a survécu, mais a lui-même disparu peu après.
Au fur et à mesure que l’enquête progresse, Ridwaan découvre que les disparitions d’enfants sont liées à cette tragédie passée. Initialement, il suspecte des extrémistes locaux de vouloir recruter les enfants, comme Shoaib Ansari, fils d’un ancien homme politique, et Faizal, disparu alors qu’il pêchait. La tension monte lorsque Noorie, la propre fille de Ridwaan, disparaît à son tour, suivie d’un autre garçon, Yassir, qui semble être englouti par un arbre transformé en portail sombre.
Ces enfants sont la cible de Juneid et Khalid, des extrémistes qui cherchent à les endoctriner sous l’égide d’un leader mystérieux, Bhaijaan. Cependant, avant qu’ils ne puissent mener à bien leur plan, les enfants disparaissent après avoir touché des tulipes blanches, un signe de la présence des esprits Sapru. Ces esprits ne sont pas des ravisseurs, mais des sauveurs : ils emmènent les enfants dans un royaume spirituel, les protégeant de l’influence des extrémistes.
Le dénouement révèle que Zainab, l’enseignante à l’école Blooming Petals où étudiaient les enfants disparus, est en réalité Bhaijaan, la figure extrémiste qui orchestre les enlèvements. Elle avait déjà trahi les Sapru dans les années 1990. Lors d’une confrontation violente, Gulnaar, possédée par l’esprit de Mansi, tire sur Zainab tandis que Ridwaan élimine Juneid.
Les enfants réapparaissent alors aux mêmes endroits où ils ont disparu, comme sortis d’un long rêve. Six mois plus tard, à Mumbai, Ayaan offre une petite boîte de coquillages à un homme plus âgé : il s’agit de Sharad Sapru, le seul survivant du massacre. Un moment poignant qui suggère une forme de réconciliation spirituelle pour les âmes tourmentées de la famille Sapru. Baramulla transcende ainsi le genre du thriller surnaturel pour devenir une réflexion sur la culpabilité, la mémoire collective et la douleur persistante d’une région marquée par le conflit.
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