Publié le 8 novembre 2024 08:03:00. Un dépistage régulier du cancer de la prostate grâce au test PSA pourrait réduire de 13 % le risque de décès lié à cette maladie, selon une vaste étude européenne. Toutefois, les chercheurs soulignent la nécessité d’une approche prudente face au risque de surdiagnostic.
- Le test PSA réduit de 13 % le risque de décès par cancer de la prostate.
- L’étude, menée sur plus de 162 000 hommes, révèle un bénéfice en termes de survie, mais aussi un risque de surdiagnostic.
- Des spécialistes appellent à la prudence dans l’interprétation des résultats et à une meilleure prise en compte des formes de cancer à croissance lente.
Le cancer de la prostate demeure un problème de santé publique majeur. En 2022, l’Union européenne a estimé à environ 330 000 le nombre de nouveaux cas diagnostiqués. Face à cette réalité, la question du dépistage précoce est cruciale, et le test de l’antigène prostatique spécifique (PSA) est l’un des outils les plus couramment utilisés.
Une étude européenne de grande envergure, dont les résultats ont été publiés dans le New England Journal of Medicine, apporte de nouvelles données sur l’efficacité de ce test. Les chercheurs ont suivi pendant plus de deux décennies l’évolution de plus de 162 000 hommes âgés de 55 à 69 ans, répartis aléatoirement en deux groupes : un groupe soumis à un dépistage régulier par PSA, et un groupe témoin sans dépistage.
L’analyse des données révèle que les hommes ayant bénéficié d’un dépistage régulier présentent un risque de décès par cancer de la prostate inférieur de 13 % par rapport aux autres. Plus précisément, l’étude indique qu’une vie est sauvée pour 456 hommes invités à un dépistage, et pour 12 hommes diagnostiqués avec un cancer de la prostate.
Cependant, les auteurs de l’étude insistent sur un point essentiel : le dépistage à grande échelle peut conduire à un surdiagnostic. Cela signifie que des formes de cancer, qui n’auraient jamais évolué vers une situation dangereuse, sont détectées et traitées inutilement. Des spécialistes indépendants, qui n’ont pas participé à la recherche, soulignent ce risque dans un commentaire publié dans la même revue. Ils rappellent que de nombreuses formes de cancer de la prostate à bas grade évoluent très lentement et ne mettent pas la vie en danger.
« De nombreuses formes de cancer de la prostate de bas grade évoluent extrêmement lentement et ne mettent pas la vie en danger. Leur découverte peut donc générer de l’anxiété et des traitements inutiles ayant des effets indésirables importants. »
Spécialistes indépendants
Les traitements associés à ces cancers, tels que la chirurgie ou la radiothérapie, peuvent entraîner des effets secondaires significatifs, comme la dysfonction érectile ou l’incontinence urinaire. C’est pourquoi, de plus en plus d’experts préconisent une reclassification des formes de cancer à croissance lente, en particulier chez les hommes âgés, afin d’éviter des traitements invasifs inutiles.
L’étude souligne donc la nécessité de trouver un équilibre entre les bénéfices du dépistage par PSA et le risque de surdiagnostic. Les auteurs recommandent que les futures stratégies de dépistage tiennent compte de ces éléments afin d’optimiser la prise en charge des patients.
L’étude a débuté en 1993, initialement aux Pays-Bas et en Belgique, avant de s’étendre à la France, la Finlande, l’Italie, l’Espagne, la Suède et la Suisse.
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