Publié le 9 novembre 2025 à 13h07. Le nouveau roman de Leif Randt, « Parlons de sentiments », explore avec ironie et lucidité les questionnements d’un homme de quarante ans confronté à la routine et à la mélancolie, tout en dressant le portrait d’une génération privilégiée.
À l’instar de son précédent succès, « Allegro Pastel », le dernier roman de Leif Randt dépeint une certaine scène berlinoise, celle d’une classe moyenne aisée, préoccupée par ses loisirs et ses émotions. Marian, le protagoniste, est un quadragénaire qui tient une boutique à Schöneberg et se retrouve confronté à la mort de sa mère et à l’idée que la meilleure partie de sa vie pourrait être derrière lui.
Le roman suit les tribulations de Marian, entre voyages au Japon et à Delhi, séjours dans la maison de vacances familiale à Tenerife et soirées techno à Wolfsburg. Ces expériences, présentées comme une forme d’hédonisme réfléchi, sont l’occasion pour lui de questionner le sens de sa vie et de ses relations.
Un auteur qui se reconnaît dans ses personnages
Leif Randt semble s’inspirer de sa propre expérience pour créer ses personnages. Comme Marian, il est un homme d’une quarantaine d’années, vivant à Berlin et Maintal, avec une attitude décontractée et un regard critique sur la société. Cette proximité avec ses personnages confère à son écriture une authenticité et une crédibilité indéniables.
Marian entretient un cercle d’amis typiques de cette bulle berlinoise : une sœur DJ reconnue internationalement, un ami publicitaire et un père ancien porte-parole du journal télévisé Tagesthemen. Une relation inattendue se noue également avec une femme, remettant en question l’idée que la « moitié de la vie la moins joyeuse » est inévitable.
Le style de Randt est caractérisé par une ironie subtile et une observation précise des détails. Ses romans ne cherchent pas à offrir des réponses définitives, mais plutôt à susciter la réflexion et à provoquer l’identification chez le lecteur. Si l’on ne s’attend pas à une intrigue haletante, l’auteur parvient à transformer l’insignifiance apparente de la vie quotidienne en une mélancolie touchante.
« Allegro Pastel » et « Parlons de sentiments » partagent de nombreux points communs : des personnages privilégiés, une atmosphère berlinoise particulière et une exploration des émotions avec une distance ironique. Randt dépeint une génération qui a du mal à trouver un sens à sa vie, mais qui parvient à trouver un certain bonheur dans les plaisirs simples et les relations humaines.
En fin de compte, « Parlons de sentiments » est un roman sur l’entrée dans l’âge mûr, sur la difficulté de faire face à la routine et à la mélancolie, et sur la recherche d’un sens à la vie. Un roman qui, malgré son ton ironique, parvient à toucher le lecteur au cœur.
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