Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une combinaison inédite de médicaments offre un nouvel espoir dans la lutte contre le cancer du pancréas, l’une des formes les plus agressives de la maladie, en stimulant le système immunitaire et en bloquant les mécanismes de résistance des cellules tumorales.
- Une thérapie combinée inhibant simultanément les voies de signalisation PI3Kα/δ et SUMO a démontré une réduction significative de la croissance tumorale dans des modèles animaux.
- Cette approche réactive également la réponse immunitaire contre les cellules cancéreuses, permettant une attaque plus efficace du système immunitaire.
- Les chercheurs soulignent que cette stratégie pourrait ouvrir la voie à de nouvelles options thérapeutiques pour un cancer particulièrement difficile à traiter.
Le cancer du pancréas, ou adénocarcinome canalaire pancréatique, demeure un défi majeur pour la médecine. Malgré les avancées récentes, son taux de survie reste faible, en grande partie en raison de la capacité des tumeurs à développer rapidement une résistance aux traitements. Les cellules cancéreuses s’adaptent en activant des mécanismes alternatifs, rendant les thérapies conventionnelles moins efficaces avec le temps.
Une équipe de recherche regroupant des scientifiques du centre médical universitaire de Göttingen, de l’université technique de Munich, de l’institut Georg-Speyer-Haus de Francfort et de la Charité – Universitätsmedizin Berlin a identifié une nouvelle stratégie prometteuse. Leur étude, récemment publiée dans la revue Gastro-entérologie, met en évidence l’efficacité de l’inhibition simultanée des voies de signalisation PI3Kα/δ et SUMO pour détruire sélectivement les cellules cancéreuses du pancréas.
Les chercheurs ont constaté que cette approche combinée réduit considérablement le volume tumoral dans des modèles animaux. Plus important encore, elle permet de réactiver la réponse immunitaire contre les cellules malignes, facilitant ainsi l’action des cellules immunitaires au sein de la tumeur.
« Nos résultats montrent que seule l’inhibition simultanée des deux voies de signalisation conduit à l’élimination efficace des cellules tumorales. Il s’agit d’une stratégie prometteuse pour le développement de nouvelles options thérapeutiques, pour lesquelles il existe un besoin urgent. »
Professeur Dr. Günter Schneider, chef du département de recherche translationnelle au département de chirurgie pédiatrique générale et viscérale du centre médical universitaire de Göttingen (UMG)
Le cancer du pancréas se caractérise par une résistance exceptionnelle aux traitements standards, y compris les médicaments ciblés qui agissent sur les gènes impliqués dans la formation des tumeurs. Lorsque les cellules cancéreuses voient une voie cellulaire bloquée, elles ont tendance à activer des mécanismes compensatoires pour survivre. Dans le cas présent, le blocage de la voie PI3K active un processus appelé SUMOylation, par lequel des protéines SUMO se lient à d’autres protéines pour modifier leur fonction et stabiliser les cellules sous stress.
« Nous avons pu démontrer pour la première fois que ces deux voies sont interdépendantes. Lorsque l’une est bloquée, l’autre devient active en tant que mécanisme de sauvetage des cellules cancéreuses. »
Professeur Ulrich Keller, directeur du département d’hématologie, d’oncologie et d’immunologie tumorale de la Charité – Universitätsmedizin Berlin
L’effet de cette association thérapeutique est double : elle détruit directement les cellules tumorales tout en activant le système immunitaire, favorisant ainsi l’infiltration et l’action des cellules immunitaires dans le tissu tumoral. Cette combinaison de mort cellulaire directe et d’activation immunitaire rend cette approche particulièrement encourageante, soulignent les auteurs. Ils précisent toutefois que ces résultats sont issus d’études précliniques, réalisées sur des modèles animaux, et que des recherches supplémentaires sont nécessaires avant de pouvoir envisager des applications cliniques.
« L’inhibition simultanée des voies PI3K et SUMO révèle une vulnérabilité jusqu’ici inconnue du cancer du pancréas. »
Dr. Matthias Wirth, chef du groupe de recherche « Génomique fonctionnelle et résistance thérapeutique » au Département de chirurgie pédiatrique générale et viscérale de l’UMG