Publié le 9 novembre 2025 à 14h12. Des chercheurs américains et portugais ont mis au point une technique innovante combinant des nanoflocons d’oxyde d’étain et de la lumière LED infrarouge pour détruire les cellules cancéreuses, offrant une alternative potentiellement moins invasive et plus accessible aux traitements traditionnels.
- Cette nouvelle approche permet de chauffer les tumeurs jusqu’à 50 °C, réduisant leur viabilité jusqu’à 92 %.
- La technique utilise des LED infrarouges, une source de lumière plus sûre et moins coûteuse que les lasers utilisés en thérapie photothermique conventionnelle.
- Les premiers tests en laboratoire ont montré une efficacité significative contre le cancer de la peau et le cancer colorectal, sans effet nocif sur les cellules saines.
La lutte contre le cancer pourrait connaître une avancée majeure grâce à cette découverte, qui s’appuie sur la thérapie photothermique (PTT). Cette méthode consiste à injecter des nanomatériaux dans la tumeur, puis à les chauffer avec de la lumière pour détruire les cellules malignes. Jusqu’à présent, le principal obstacle à l’utilisation généralisée de la PTT résidait dans le coût et la dangerosité des sources lumineuses nécessaires.
L’équipe de recherche, issue de l’Université du Texas et de l’Université de Porto, a trouvé une solution élégante en utilisant des diodes électroluminescentes (LED) infrarouges. Ces LED, bien moins onéreuses et plus sûres que les lasers, sont capables d’activer des nanoflocons d’oxyde d’étain (SnOx) spécialement conçus pour absorber la lumière à une longueur d’onde de 810 nanomètres. Ces nanoflocons, d’une épaisseur inférieure à 20 nanomètres, sont fabriqués à partir de disulfure d’étain, un matériau abondant et peu coûteux, grâce à un procédé écologique d’exfoliation électrochimique avec oxydation, qui n’utilise que de l’eau.
Les premiers résultats, obtenus sur des cultures cellulaires, sont très encourageants. Les chercheurs ont constaté que le traitement n’avait aucun effet néfaste sur les cellules saines. En revanche, il a permis de réduire de 92 % la prolifération des cellules cancéreuses de la peau et de 50 % celle des cellules cancéreuses du cancer colorectal après seulement 30 minutes d’exposition à la lumière LED. Le principe est simple : les nanoflocons injectés dans la tumeur absorbent la lumière infrarouge, s’échauffent jusqu’à 50 °C et détruisent les cellules malignes, tout en préservant les tissus environnants.
Les chercheurs soulignent l’importance de la sécurité, du faible coût et de la facilité de mise en œuvre de cette nouvelle approche, qui pourrait la rendre accessible même dans les pays aux ressources limitées. De plus, le rayonnement infrarouge utilisé ne présente pas les mêmes risques que la radiothérapie traditionnelle, qui peut endommager la peau et les tissus sains.
Bien que le chemin vers une application clinique soit encore long – des essais sur des animaux puis sur des humains seront nécessaires, et pourraient prendre jusqu’à une décennie – le potentiel de cette technique est immense. Elle pourrait ouvrir la voie à des traitements personnalisés, moins invasifs et potentiellement réalisables à domicile, en particulier pour les cancers de la peau. L’avenir de l’oncologie pourrait donc s’éclairer grâce à cette combinaison innovante de nanotechnologie et de lumière.
Source : Xataka.
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