Publié le 15 novembre 2023. Une toile d’araignée d’une ampleur exceptionnelle, couvrant près de 100 mètres carrés (97 m2), a été découverte dans une grotte à la frontière entre l’Albanie et la Grèce, abritant une colonie estimée à plus de 111 000 araignées.
- La toile est le fruit d’une collaboration inédite entre deux espèces d’araignées : Tegenaria domestica et Prinerigone vagans.
- La grotte, riche en soufre, constitue un habitat extrême caractérisé par l’obscurité totale et la présence de sulfure d’hydrogène, un gaz toxique.
- Des analyses génétiques révèlent que les araignées de cette grotte présentent des adaptations spécifiques à leur environnement souterrain et un isolement génétique par rapport aux populations extérieures.
Des spéléologues tchèques ont mis au jour cette structure impressionnante dans une grotte située à la frontière gréco-albanaise. La toile, d’une superficie de 97 m2, est considérée comme la plus grande jamais enregistrée. L’estimation du nombre d’araignées qui la peuplent s’élève à plus de 111 000 individus, transformant la grotte en une véritable « ville » arachnide.
Ce qui rend cette découverte particulièrement fascinante, selon le magazine Scientific American, est la coopération entre deux espèces d’araignées distinctes, Tegenaria domestica et Prinerigone vagans. Il s’agit du premier cas documenté où ces deux espèces tissent ensemble une toile commune.
L’environnement de cette grotte est exceptionnellement hostile. Constituée de soufre, elle compte parmi les habitats les plus extrêmes de la planète. L’absence totale de lumière et la présence de sulfure d’hydrogène, un gaz toxique pour la plupart des organismes vivants, rendent la survie particulièrement difficile.
Pour comprendre comment les araignées parviennent à prospérer dans ces conditions, les chercheurs ont analysé la composition chimique de leurs tissus. Leurs résultats indiquent que ces arachnides se nourrissent de minuscules moustiques qui se développent dans les eaux stagnantes de la grotte. Ces moustiques, à leur tour, dépendent des microbes oxydant le soufre comme principale source de nourriture, établissant ainsi une chaîne alimentaire unique.
Une analyse génétique approfondie a révélé que les araignées vivant dans la grotte présentent des différences significatives par rapport aux populations de la même espèce vivant à l’extérieur. Ces variations suggèrent une adaptation progressive à l’environnement souterrain. Les chercheurs pensent que cet isolement génétique, combiné à une source de nourriture stable et abondante, aurait pu favoriser le développement d’un comportement colonial chez ces espèces, qui n’avaient jusqu’alors jamais été observées en colonies.
« Cette nouvelle découverte démontre que la nature continue de nous réserver de nombreuses surprises. »
Urák István, chercheur à l’Université hongroise Sapientia de Transylvanie en Roumanie et co-auteur de l’étude
Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives sur la capacité d’adaptation des espèces et sur les interactions complexes qui peuvent se développer dans des environnements extrêmes.
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