Publié le 11 novembre 2025 09h42. Une étude internationale présentée à la Nouvelle-Orléans suggère que le sacubitril/valsartan peut être une option thérapeutique pour l’hypertension résistante, mais souligne la nécessité d’une surveillance médicale étroite en raison d’effets secondaires potentiels.
- Le sacubitril/valsartan permettrait d’atteindre les objectifs de pression artérielle chez jusqu’à 77 % des patients souffrant d’hypertension résistante après un an de traitement.
- L’étude révèle une augmentation significative des événements indésirables, notamment des lésions rénales aiguës et des troubles électrolytiques, chez les patients traités.
- Les experts insistent sur l’importance d’une sélection rigoureuse des patients et d’un suivi régulier pour optimiser les bénéfices et minimiser les risques liés à ce traitement.
Des chercheurs ont présenté les résultats d’une étude observationnelle portant sur 2 000 adultes souffrant d’hypertension résistante lors des sessions scientifiques 2025 de l’American Heart Association, qui se sont tenues à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, du 7 au 10 novembre. L’étude a analysé les données de patients suivis entre 2016 et 2024, aux États-Unis, au Moyen-Orient et en Europe, ayant débuté un traitement par sacubitril/valsartan.
L’hypertension résistante, définie comme une pression artérielle supérieure à 140/90 mm Hg malgré l’utilisation d’au moins trois médicaments antihypertenseurs, dont un diurétique, représente un défi majeur pour les médecins. Les patients concernés présentent un risque accru de complications cardiovasculaires, rénales et métaboliques et disposent souvent de peu d’alternatives thérapeutiques.
L’étude a suivi l’évolution de la pression artérielle et l’apparition d’effets indésirables pendant une période d’un an. Les patients ont été évalués à quatre, huit, 24 et 52 semaines pour mesurer les changements de leur tension artérielle, l’atteinte des objectifs thérapeutiques et la survenue d’événements indésirables tels que des lésions rénales aiguës, des événements cardiovasculaires majeurs, des décès et des hospitalisations.
Les résultats indiquent que la proportion de patients atteignant la pression artérielle cible (pression systolique inférieure ou égale à 130 mm Hg et pression diastolique inférieure ou égale à 80 mm Hg) a augmenté progressivement, atteignant 77 % après un an de traitement. Cependant, les chercheurs ont également constaté une augmentation significative des événements indésirables, notamment des lésions rénales aiguës, des déséquilibres électrolytiques (hypokaliémie et hyponatrémie) et des hospitalisations pour diverses raisons.
« Une surveillance étroite est essentielle, car tous les patients ne toléreront pas les risques. »
KOL interrogé par GlobalData
Les experts interrogés par GlobalData soulignent la nécessité d’identifier les patients susceptibles de bénéficier le plus du sacubitril/valsartan tout en gérant efficacement les risques potentiels. Ils insistent sur l’importance d’une meilleure compréhension des données réelles pour affiner la sélection des patients.
Bien que ces résultats confirment le potentiel du sacubitril/valsartan comme traitement de dernier recours pour l’hypertension résistante, ils mettent en évidence la nécessité d’une sélection rigoureuse des patients et d’une surveillance régulière. L’amélioration de l’efficacité du traitement chez les patients les plus réfractaires pourrait renforcer sa position concurrentielle, mais une adoption plus large dépendra de la capacité à trouver un équilibre optimal entre les bénéfices antihypertenseurs et la sécurité.
À l’avenir, l’utilisation du sacubitril/valsartan dans le traitement de l’hypertension résistante reposera sur des stratégies intégrant une surveillance étroite, une approche multidisciplinaire et le développement de nouveaux agents présentant un profil de sécurité plus favorable pour cette population de patients complexe et à haut risque.