Un niveau de stress élevé pourrait augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) chez les jeunes femmes, selon une étude finlandaise publiée le 5 mars 2025 dans la revue Neurologie. Les chercheurs soulignent qu’il s’agit d’une association, et non d’une preuve de causalité, mais que les résultats méritent une attention particulière.
L’étude, menée auprès de 426 adultes âgés de 18 à 49 ans ayant subi un AVC ischémique – un AVC causé par un blocage du flux sanguin vers le cerveau – et d’un groupe témoin de même taille, a révélé des différences notables entre les sexes. Les participantes ayant subi un AVC présentaient des niveaux de stress significativement plus élevés que celles du groupe témoin.
En moyenne, les femmes ayant fait un AVC obtenaient un score de 13 sur une échelle de stress, contre 10 pour celles qui n’en avaient pas subi. Plus précisément, 46 % des femmes ayant subi un AVC rapportaient des niveaux de stress modérés ou élevés, comparativement à 33 % dans le groupe témoin. Après ajustement pour des facteurs de risque connus comme l’éducation, la consommation d’alcool et la tension artérielle, les chercheurs ont constaté qu’un stress modéré était associé à une augmentation de 78 % du risque d’AVC chez les femmes, tandis qu’un stress élevé était lié à une augmentation de 6 %.
« Les jeunes sont souvent confrontés à des pressions importantes liées au travail, notamment des horaires chargés et une insécurité de l’emploi, ainsi qu’à des difficultés financières », explique le Dr Nicolas Martinez-Majander, de l’hôpital universitaire d’Helsinki en Finlande. « Des recherches antérieures ont déjà démontré que le stress chronique peut avoir des effets néfastes sur la santé physique et mentale. Notre étude suggère qu’il pourrait également accroître le risque d’AVC chez les jeunes femmes. »
Curieusement, aucun lien significatif entre le stress et les AVC n’a été observé chez les hommes participant à l’étude. Les chercheurs appellent à des investigations supplémentaires pour comprendre cette disparité.
« Il est essentiel de déterminer pourquoi les femmes stressées semblent plus vulnérables aux AVC que les hommes, et pourquoi un stress modéré semble plus risqué qu’un stress élevé chez les femmes », ajoute le Dr Martinez-Majander. « Une meilleure compréhension du rôle du stress pourrait nous aider à développer des stratégies de prévention plus efficaces. »
Les participants à l’étude ont évalué leurs niveaux de stress au cours du mois précédant l’AVC, ou pendant un mois pour les participants du groupe témoin, en répondant à un questionnaire comprenant dix questions sur leur sentiment de contrôle sur leur vie. Les scores variaient de zéro à quatre par question, avec un score total allant de 0 à 40.
Les auteurs de l’étude reconnaissent une limite : les personnes souffrant de niveaux de stress élevés pourraient être moins susceptibles de participer à de telles recherches, ce qui pourrait biaiser les résultats. L’étude a été financée par plusieurs organismes finlandais, dont le district hospitalier d’Helsinki et d’Uusimaa, l’Académie de Finlande et la Fondation médicale finlandaise.