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de nouvelles thérapies pour éviter le prélèvement de l’organe

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Le cancer de la vessie, qui touche majoritairement les hommes, bénéficie de nouvelles avancées thérapeutiques prometteuses, notamment grâce à l’immunothérapie et à des associations médicamenteuses innovantes, ouvrant la voie à des traitements moins invasifs et préservant la qualité de vie des patients.

  • Environ 300 000 personnes en Italie vivent avec un diagnostic de cancer de la vessie.
  • L’immunothérapie, combinée à des médicaments ciblés, offre une alternative à la cystectomie radicale (ablation de la vessie) dans plus de 40 % des cas.
  • Le tabagisme reste le principal facteur de risque, responsable de 50 % des cas chez les hommes.

En Italie, le cancer de la vessie affecte près de 300 000 personnes, une pathologie qui frappe de manière disproportionnée les hommes : sept patients sur dix sont de sexe masculin. Face à cette réalité, des équipes de recherche, comme celle du professeur Andrea Necchi à l’hôpital San Raffaele, s’activent pour développer des stratégies thérapeutiques plus efficaces et moins agressives, en particulier pour le cancer de la vessie infiltrant les muscles, une forme particulièrement redoutable de la maladie.

Ce cancer infiltrant les muscles se caractérise par l’invasion des cellules tumorales dans la couche musculaire profonde de la paroi vésicale. Représentant environ un quart de tous les cancers de la vessie, il présente un risque élevé de métastases, complexifiant son traitement. Traditionnellement, les patients sont soumis à une chimiothérapie à base de cisplatine, suivie d’une cystectomie radicale, une intervention chirurgicale lourde impliquant l’ablation de la vessie et d’autres organes pelviens. Cependant, seulement 20 % des patients sont aptes à recevoir cette chimiothérapie préopératoire, et beaucoup hésitent face à la chirurgie en raison de son caractère invasif et de ses conséquences sur leur qualité de vie.

Ces dernières années, l’immunothérapie a émergé comme une voie prometteuse. Cette approche vise à stimuler le système immunitaire du patient pour qu’il reconnaisse et attaque les cellules cancéreuses. Les inhibiteurs de point de contrôle immunitaire, comme le pembrolizumab, agissent en « débridant » les cellules T, leur permettant ainsi de cibler la tumeur. Dès 2018, une étude menée par le professeur Necchi avait démontré que le traitement par pembrolizumab avant la chirurgie pouvait réduire, voire éliminer, la tumeur chez certains patients, même si l’intervention chirurgicale restait souvent nécessaire.

L’équipe de San Raffaele a récemment présenté, lors du congrès de l’ASCO, les résultats d’une étude clinique innovante associant le pembrolizumab au sacituzumab, un conjugué anticorps-médicament. Cette combinaison permet de cibler sélectivement les cellules tumorales en libérant le médicament directement au cœur de la tumeur. Les premiers résultats sont encourageants : dans 44 % des cas, la tumeur a considérablement régressé, permettant de remplacer la cystectomie par une résection transurétrale, une intervention beaucoup moins invasive qui préserve la vessie.

« Notre objectif aujourd’hui est encore plus ambitieux : nous voulons éviter complètement la cystectomie radicale. Nous sommes encore dans une phase expérimentale, mais cette ligne de recherche pourrait changer l’approche thérapeutique, en faisant de la thérapie médicale le protagoniste et de la chirurgie seulement une option secondaire. »

Professeur Andrea Necchi, coordinateur de l’unité des tumeurs de la vessie de l’hôpital San Raffaele

Au-delà des avancées thérapeutiques, les spécialistes soulignent l’importance cruciale de la prévention. Le tabagisme est identifié comme le principal facteur de risque, responsable de jusqu’à 50 % des cas chez les hommes et de 20 à 30 % chez les femmes. Valentina Tateo et Antonio Cigliola insistent sur la nécessité d’intégrer le risque de cancer de la vessie dans les campagnes de sensibilisation antitabac, au-delà de la prévention du cancer du poumon. Le diagnostic précoce reste également essentiel : la présence de sang dans les urines est souvent le premier signe d’alerte et nécessite une consultation médicale immédiate.

Grâce aux progrès de la recherche, l’avenir s’annonce plus optimiste pour les patients atteints de cancer de la vessie infiltrant les muscles. L’objectif est clair : offrir un traitement efficace tout en minimisant l’impact sur leur qualité de vie. Ces avancées ouvrent la voie à une médecine plus personnalisée et à des solutions thérapeutiques plus durables et respectueuses du patient.

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