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Des scientifiques découvrent un commutateur d’acides aminés qui transforme les graisses en un four à calories

Une nouvelle étude révèle un rôle insoupçonné de l'acide aminé cystéine dans la perte de poids, suggérant que des stratégies alternatives à la simple restriction calorique pourraient être envisagées. Les recherches, menées par des scientifiques de Pennington Biomedical,…

Des scientifiques découvrent un commutateur d’acides aminés qui transforme les graisses en un four à calories

Une nouvelle étude révèle un rôle insoupçonné de l’acide aminé cystéine dans la perte de poids, suggérant que des stratégies alternatives à la simple restriction calorique pourraient être envisagées. Les recherches, menées par des scientifiques de Pennington Biomedical, indiquent que la diminution des niveaux de cystéine dans les graisses blanches favorise leur transformation en graisses brunes, plus actives et consommatrices d’énergie.

L’étude, publiée dans la revue Métabolisme naturel, s’appuie sur des essais menés à la fois sur des humains et des animaux. Les chercheurs ont observé que chez les participants ayant réduit leur apport calorique pendant un an, les échantillons de tissus adipeux révélaient une baisse significative des niveaux de cystéine. En analysant des milliers de métabolites – les composés résultant de la décomposition des aliments – ils ont identifié cet acide aminé soufré comme un acteur clé du métabolisme énergétique.

« La traduction inverse d’un essai de restriction calorique humaine a identifié un nouvel acteur du métabolisme énergétique », explique le Dr Eric Ravussin, titulaire de la chaire Douglas L. Gordon sur le diabète et le métabolisme à Pennington Biomedical. « La déplétion systémique en cystéine chez la souris entraîne une perte de poids accompagnée d’une utilisation accrue des graisses et d’un brunissement des adipocytes. »

Les expériences sur des modèles animaux ont confirmé ces résultats. En réduisant l’apport calorique, les chercheurs ont constaté une baisse de 40 % de la température corporelle, sans pour autant observer de dommages tissulaires, ce qui suggère l’activation de mécanismes de protection en cas de faible taux de cystéine.

En outre, la réduction de la cystéine s’est accompagnée d’une perte de poids, d’une amélioration de la santé musculaire et d’une diminution de l’inflammation chez les participants à l’essai clinique CALERIE, qui avait recruté des hommes et des femmes jeunes et d’âge moyen en bonne santé, leur demandant de réduire leur apport calorique de 14 % en moyenne sur deux ans (1 500 calories).

« En plus de la perte de poids spectaculaire et de l’augmentation de la combustion des graisses résultant de l’élimination de la cystéine, cet acide aminé est également essentiel à l’équilibre rédox et aux voies rédox en biologie », souligne le Dr Krisztian Stadler, qui dirige le laboratoire du stress oxydatif et des maladies de Pennington Biomedical. « Ces résultats suggèrent de futures stratégies de gestion du poids qui pourraient ne pas reposer exclusivement sur la réduction de l’apport calorique. »

Le Dr John Kirwan, directeur exécutif du Pennington Biomedical Research Center, salue cette découverte comme une avancée majeure : « Le Dr Ravussin, le Dr Stadler et leurs collègues ont fait une découverte remarquable montrant que la cystéine régule la transition des cellules adipeuses blanches aux cellules graisseuses brunes, ouvrant ainsi de nouvelles voies thérapeutiques pour traiter l’obésité. »

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.