Home MondeLa Chine demande au Premier ministre japonais de retirer l’avertissement de Taiwan ou d’en « supporter toutes les conséquences »

La Chine demande au Premier ministre japonais de retirer l’avertissement de Taiwan ou d’en « supporter toutes les conséquences »

by Clara Dubois

Publié le 13 décembre 2023. La Chine a vivement réagi aux déclarations de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi concernant une possible intervention militaire en cas de conflit autour de Taïwan, menaçant Tokyo de « porter l’entière responsabilité des conséquences » si elle ne revient pas sur ses propos.

  • La Chine exige que Sanae Takaichi retire ses déclarations sur une éventuelle réponse militaire japonaise en cas de conflit autour de Taïwan.
  • Pékin a protesté officiellement après les commentaires de Mme Takaichi, qui a évoqué une situation menaçant la survie du Japon.
  • Les médias d’État chinois ont lancé une campagne virulente contre la Première ministre japonaise, la qualifiant d’« opportuniste politique ».

La tension monte entre Pékin et Tokyo suite aux déclarations de Sanae Takaichi, la première femme à occuper le poste de Premier ministre japonais. Mme Takaichi, connue pour ses positions nationalistes et sa fermeté à l’égard de la Chine, avait affirmé que l’attaque de la Chine contre Taïwan pourrait « constituer une situation menaçant la survie du Japon », justifiant ainsi une possible intervention militaire. Ces propos, tenus devant les législateurs la semaine dernière, ont provoqué une réaction immédiate de la part de Pékin.

La Chine a formellement protesté et un haut diplomate chinois au Japon, Xue Jian, a partagé sur les réseaux sociaux un article concernant Mme Takaichi, y ajoutant un commentaire menaçant : « Le cou sale qui s’y met sans y être invité sera coupé sans un instant d’hésitation ». Bien que ce message ait été supprimé par la suite et que Tokyo ait tenté de minimiser la dispute, les médias d’État chinois ont intensifié leurs critiques. Un média officiel l’a ainsi qualifiée d’« opportuniste politique » ayant été « frappée à la tête par un âne », tandis qu’un autre a averti que « ceux qui allumeront un incendie seront brûlés » et que les dirigeants japonais « sont voués à creuser leurs propres tombes ».

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a déclaré jeudi que les commentaires de Mme Takaichi étaient « flagrants » et a averti que si le Japon « osait intervenir militairement dans la situation du détroit de Taiwan, cela constituerait un acte d’agression et la Chine riposterait sûrement de front ».

Sanae Takaichi, protégée de l’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe, est une fervente partisane de Taïwan et avait déjà appelé, avant d’accéder au poste de Première ministre, à une coopération accrue entre Tokyo et Taipei en matière de défense. Bien que ses récentes déclarations soient plus directes que celles de ses prédécesseurs, le Japon exprime depuis longtemps ses préoccupations quant aux risques potentiels d’un conflit dans le détroit de Taïwan.

Taïwan, ancienne colonie japonaise, est revendiquée par la Chine comme une province renégate, une position rejetée par la majorité de la population taïwanaise. Tokyo contrôle également plusieurs îles situées à moins de 150 kilomètres des côtes taïwanaises, qui ont déjà été menacées par des exercices militaires chinois, avec des missiles atterrissant dans les eaux territoriales japonaises. Le Japon abrite par ailleurs d’importantes bases militaires américaines, qui pourraient être visées par la Chine en cas d’intervention américaine dans un conflit autour de Taïwan.

Cette escalade verbale intervient après un sommet entre le président chinois Xi Jinping et l’ancien président américain Donald Trump, durant lequel la question de Taïwan n’a pas été abordée, ce qui est inhabituel, et sur fond d’une nouvelle campagne de pression de la Chine contre Taipei. La Chine a récemment lancé son troisième porte-avions, le Fujian, et a mené des tests de barges de débarquement, suscitant des inquiétudes quant à ses intentions.

Dans une déclaration commune publiée mercredi, le G7, qui comprend le Japon, le Canada et les États-Unis, a exprimé son inquiétude face au « renforcement militaire de la Chine » et a réaffirmé son opposition à toute tentative unilatérale de modifier le statu quo dans le détroit de Taïwan, « en particulier par la force ou la coercition ».

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.