Home SantéIls découvrent que le cancer du sein résisterait aux thérapies hormonales grâce à la protéine FOXA1

Ils découvrent que le cancer du sein résisterait aux thérapies hormonales grâce à la protéine FOXA1

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29. Des chercheurs espagnols ont identifié un mécanisme moléculaire clé qui permet à certains cancers du sein de développer une résistance aux traitements hormonaux, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques combinées.

  • Une protéine, HDAC2, joue un rôle central dans l’activation d’une voie de signalisation qui contourne l’action des hormones.
  • Bloquer HDAC2, ou combiner des traitements hormonaux avec des inhibiteurs de cette protéine ou des médicaments ciblant HER2/HER3, pourrait restaurer l’efficacité des thérapies.
  • Cette découverte est particulièrement pertinente pour les tumeurs HER2-low, qui présentent des niveaux intermédiaires de la protéine HER2 et nécessitent des approches spécifiques.

Une équipe du Centre de Recherche sur le Cancer (CSIC-Université de Salamanque-FICUS) a mis en lumière un processus moléculaire jusqu’alors méconnu, expliquant comment certaines tumeurs du sein parviennent à déjouer les traitements hormonaux conventionnels. Les résultats de cette étude, publiés dans la revue Nucleic Acids Research, révèlent comment des signaux de croissance spécifiques modifient le comportement des cellules tumorales, leur permettant de proliférer même en l’absence d’hormones.

Au cœur de cette résistance se trouve une protéine appelée FOXA1, qui agit comme un véritable interrupteur cellulaire régulant la croissance tumorale. Les chercheurs ont découvert que le comportement de FOXA1 est radicalement modifié par une « marque chimique » appelée acétylation. Lorsque cette marque disparaît, la protéine devient plus active et s’allie à deux récepteurs bien connus en oncologie : HER2 et HER3. Cette collaboration moléculaire permet à la tumeur d’échapper aux traitements ciblant les récepteurs des œstrogènes, qui constituent la base thérapeutique du cancer du sein luminal, l’une des formes les plus courantes et les plus complexes de cette maladie.

En utilisant des modèles cellulaires et animaux, l’équipe dirigée par les docteurs Antoni Hurtado et Sandra López a confirmé que l’activation de HER2/HER3 induit la désacétylation de FOXA1, lui permettant ainsi de contourner le contrôle hormonal et d’activer des gènes associés à un pronostic moins favorable. L’étude identifie également le rôle crucial de la protéine HDAC2, qui facilite le fonctionnement des signalisations HER2 et HER3. Cette découverte suggère que le blocage de HDAC2 pourrait constituer une nouvelle approche pour freiner la progression tumorale.

Les implications cliniques de ces travaux sont considérables. Les chercheurs proposent que la combinaison de médicaments bloquant les signaux HER2/HER3 avec des thérapies hormonales pourrait inverser la résistance des tumeurs HER2-low, qui présentent des niveaux intermédiaires de HER2 et nécessitent des stratégies thérapeutiques adaptées. Par ailleurs, l’utilisation d’inhibiteurs sélectifs de l’histone désacétylase, tels que la romidepsine, a démontré in vitro sa capacité à rétablir le contrôle hormonal de la croissance cellulaire, ouvrant la voie à des essais cliniques plus personnalisés.

Cette recherche, fruit d’une collaboration entre des institutions espagnoles et norvégiennes, jette les bases du développement de nouvelles approches thérapeutiques. La combinaison d’inhibiteurs d’HDAC, comme la romidepsine, avec les traitements hormonaux conventionnels pourrait représenter une stratégie prometteuse pour surmonter la résistance chez les patientes atteintes de tumeurs HER2-low. Les chercheurs soulignent que ces résultats pourraient à terme permettre de concevoir des combinaisons de médicaments plus efficaces pour bloquer les signaux HER2/HER3 et améliorer l’efficacité des traitements actuels.

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