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L’EUR/USD se maintient à 1,1600 alors que les paris sur la réduction des taux de la Fed s’estompent et que le PIB de la zone euro est soutenu

by Antoine Girard

Publié le 17 novembre 2023 à 14h30. L’euro a terminé la semaine en hausse malgré un léger recul vendredi, soutenu par des données économiques encourageantes de la zone euro et des signaux mitigés émanant de la Réserve fédérale américaine concernant une éventuelle baisse des taux d’intérêt en décembre.

  • L’euro a progressé de 0,51 % sur l’ensemble de la semaine, clôturant au-dessus d’un seuil technique clé.
  • Les responsables de la Fed restent globalement prudents, réduisant la probabilité d’une baisse des taux en décembre à 56 %.
  • Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a augmenté de 0,2 % au troisième trimestre, confirmant une croissance modérée.

La paire EUR/USD a enregistré une légère baisse de 0,10 % vendredi, mais a compensé ces pertes grâce à un regain d’intérêt pour les actifs considérés comme moins risqués, alors que les marchés anticipent une possible pause dans le cycle de resserrement monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). La paire a clôturé au-dessus du niveau de 1,1600, ce qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles hausses.

Depuis mercredi, plusieurs membres de la Fed ont adopté une position ferme sur la nécessité de maintenir une politique monétaire restrictive. Les présidents des banques régionales de la Fed, notamment Beth Hammack, Raphael Bostic, Alberto Musalem, Susan Collins, Neel Kashkari et Jeffrey Schmid, ont plaidé pour une approche prudente en matière de taux d’intérêt.

Cependant, des voix plus conciliantes se sont également fait entendre. Stephen Miran, gouverneur de la Fed, et Mary Daly, de San Francisco, ainsi que les gouverneurs Christopher Waller et Michelle Bowman, ont souligné les signes de ralentissement du marché du travail américain.

Le président de la Fed, Jerome Powell, et le président de la Fed de New York, John Williams, ont adopté une position plus neutre. Powell a toutefois précisé qu’une baisse des taux en décembre n’était pas garantie et que la Fed se réservait la possibilité d’agir en fonction des données économiques à venir.

Les marchés financiers estiment désormais à 56 % la probabilité d’une baisse des taux de 25 points de base (0,25 %) en décembre, contre environ 70 % il y a un an, selon l’outil de probabilité des taux d’intérêt du marché primaire.

Du côté européen, les chiffres du PIB ont révélé une croissance de 0,2 % au troisième trimestre. Le PIB annuel a été révisé à la hausse, passant de 1,3 % à 1,4 %.

L’indice du dollar américain (DXY), qui mesure la performance du dollar par rapport à six autres devises majeures, a légèrement augmenté de 0,08 % pour atteindre 99,31 au moment de la rédaction de cet article.

Stephen Miran a réaffirmé sa position accommodante, estimant que les données actuelles devraient inciter la Fed à assouplir sa politique monétaire. Il a également mis en garde contre le risque de prendre des décisions basées sur des indicateurs économiques obsolètes. Jeffrey Schmid, quant à lui, a justifié son opposition à la dernière baisse des taux, soulignant qu’il considère la politique monétaire actuelle comme “seulement modérément restrictive”, ce qui lui semble approprié.

Sur le plan technique, l’EUR/USD maintient une tendance baissière, les acheteurs peinant à franchir de manière décisive la moyenne mobile simple (SMA) sur 50 jours à 1,1659. Cependant, l’indice de force relative (RSI) montre une amélioration de la dynamique à court terme, signalant une pression acheteuse croissante. Une cassure au-dessus de la SMA de 50 jours pourrait ouvrir la voie à un test du niveau de 1,1700. À l’inverse, une baisse en dessous de 1,1600 pourrait entraîner un test de la SMA à 20 jours, autour de 1,1583, puis du niveau de 1,1500. Une rupture de ces supports pourrait exposer le plus bas du cycle du 1er août à 1,1391.

Graphique des tags EUR/USD

Euro – Foire aux questions (FAQ)

L’euro est la monnaie officielle de 19 pays de l’Union européenne, formant la zone euro. C’est la deuxième devise la plus échangée au monde après le dollar américain, représentant 31 % de toutes les transactions de change en 2022, avec un volume quotidien moyen dépassant les 2 200 milliards de dollars. La paire EUR/USD est la plus négociée au monde, représentant environ 30 % de toutes les transactions, suivie par l’EUR/JPY (4 %), l’EUR/GBP (3 %) et l’EUR/AUD (2 %).

La Banque centrale européenne (BCE), basée à Francfort, en Allemagne, est l’institution responsable de la politique monétaire dans la zone euro. Son objectif principal est de maintenir la stabilité des prix, c’est-à-dire de contrôler l’inflation et de favoriser la croissance économique. La BCE utilise principalement les taux d’intérêt pour atteindre ses objectifs. Des taux d’intérêt plus élevés ou des anticipations de hausse tendent à renforcer l’euro, et inversement. Le Conseil des gouverneurs de la BCE prend ses décisions de politique monétaire lors de huit réunions annuelles, auxquelles participent les gouverneurs des banques centrales nationales de la zone euro et six membres permanents, dont la présidente de la BCE, Christine Lagarde.

L’inflation dans la zone euro, mesurée par l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), est un facteur déterminant pour la valeur de l’euro. Si l’inflation dépasse les objectifs de la BCE (2 %), celle-ci pourrait être amenée à relever ses taux d’intérêt pour préserver la stabilité des prix. Des taux d’intérêt plus élevés attirent les investisseurs étrangers et renforcent ainsi l’euro.

Les données économiques, telles que le produit intérieur brut (PIB), les indices des directeurs d’achat (PMI), les chiffres de l’emploi et la confiance des consommateurs, influencent la santé de l’économie de la zone euro et, par conséquent, la valeur de l’euro. Une économie forte soutient l’euro en attirant les investissements étrangers et en incitant potentiellement la BCE à augmenter ses taux d’intérêt. À l’inverse, des données économiques faibles peuvent entraîner une baisse de l’euro. Les données des quatre plus grandes économies de la zone euro – l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne – qui représentent environ 75 % de l’économie de la zone euro, sont particulièrement importantes.

La balance commerciale, qui mesure la différence entre les exportations et les importations d’un pays, est un facteur clé pour l’euro. Une forte demande pour les biens exportés d’un pays augmente la demande pour sa monnaie. Une balance commerciale positive renforce donc l’euro, tandis qu’un déficit commercial peut exercer une pression à la baisse sur la monnaie.

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