Publié le 15 novembre 2025 à 22h30. Malgré des signes de reprise économique, la Corée du Sud voit son déficit budgétaire atteindre un niveau record, soulevant des inquiétudes quant à l’efficacité des mesures de relance et à la santé des finances publiques.
- Le déficit budgétaire de gestion a atteint 102 400 milliards de wons (environ 74,7 milliards d’euros) jusqu’en septembre 2025, le deuxième plus élevé de l’histoire du pays.
- L’impact des bons de consommation mis en place pour stimuler la demande intérieure s’avère limité, avec une baisse des ventes au détail en septembre.
- Le ministère de la Stratégie et des Finances reconnaît une reprise économique, mais souligne les difficultés persistantes en matière d’emploi, notamment chez les jeunes.
Bien que le gouvernement sud-coréen affiche un optimisme prudent quant à la trajectoire de l’économie nationale, les chiffres récents révèlent une situation budgétaire préoccupante. Le ministère de la Stratégie et des Finances a annoncé le 14 novembre que l’économie présentait des signes de redressement, notamment grâce à une amélioration de la demande intérieure et à la performance du secteur des semi-conducteurs. Cette reprise, toutefois, reste fragile et confrontée à des obstacles.
Les difficultés d’emploi, en particulier pour les jeunes, constituent un frein majeur à la consolidation de la reprise. Parallèlement, des incertitudes planent sur le rythme de la reprise des investissements dans le secteur de la construction et sur les conséquences potentielles des mesures protectionnistes américaines.
L’efficacité des mesures de relance, notamment les « bons de consommation pour la relance des moyens de subsistance du peuple », est remise en question. Si les ventes au détail avaient connu un rebond notable de 2,5 % en juillet grâce à ces bons, l’indice a ensuite chuté en août et de nouveau en septembre, affichant une baisse de 0,1 %. Ce recul suggère que l’impact de ces mesures est de courte durée et insuffisant pour relancer durablement la consommation.
« Comme il y a eu une amélioration globale des principaux indicateurs tels que la consommation le mois dernier, la perception de la consommation n’a pas changé de manière significative. L’augmentation du montant des paiements par carte, un indicateur représentatif, était de 8,5 % en septembre par rapport au même mois de l’année précédente, mais elle est tombée à 2,1 % en octobre. »
Cho Seong-joong, chef du département d’analyse économique du ministère de la Stratégie et des Finances
La situation est aggravée par une politique budgétaire expansionniste qui creuse le déficit. Le solde budgétaire de gestion, qui exclut les fonds de sécurité sociale (comme les retraites), est un indicateur clé de la situation financière réelle de l’État. Selon les données du ministère de la Stratégie et des Finances, ce solde affiche un déficit cumulé de 102 400 milliards de wons (environ 74,7 milliards d’euros) jusqu’en septembre 2025. Ce chiffre, en augmentation de 11 000 milliards de wons par rapport à la même période de l’année précédente, dépasse déjà les 100 000 milliards de wons au troisième trimestre.
Il s’agit du deuxième déficit le plus important jamais enregistré, après celui de 2020, en pleine pandémie de COVID-19. Les recettes totales ont atteint 480 700 milliards de wons (environ 348 milliards d’euros), en hausse de 41 400 milliards de wons, tandis que les dépenses totales se sont élevées à 544 200 milliards de wons (environ 395 milliards d’euros), soit une augmentation de 51 900 milliards de wons.
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