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Apprendre une nouvelle langue est le moyen le plus simple de ralentir le vieillissement, qu’en est-il ?

Publié le 17 novembre 2025 à 12h30. Apprendre une nouvelle langue, même de manière imparfaite, pourrait être l'un des moyens les plus simples de préserver la jeunesse de votre cerveau, selon deux études récentes menées auprès de dizaines…

Apprendre une nouvelle langue est le moyen le plus simple de ralentir le vieillissement, qu’en est-il ?

Publié le 17 novembre 2025 à 12h30. Apprendre une nouvelle langue, même de manière imparfaite, pourrait être l’un des moyens les plus simples de préserver la jeunesse de votre cerveau, selon deux études récentes menées auprès de dizaines de milliers d’Européens.

  • Les personnes multilingues présentent un « âge biologique » du cerveau significativement plus jeune que celles qui ne parlent qu’une seule langue.
  • L’écart d’âge biocomportemental (BAG) – la différence entre l’âge réel et l’âge biologique – est plus faible chez les personnes parlant plusieurs langues.
  • Même une exposition limitée à une langue étrangère, par le biais de conversations, de séries ou de podcasts, peut avoir un effet protecteur.

Des chercheurs ont découvert un lien frappant entre le nombre de langues parlées et la santé cérébrale. Deux études majeures, publiées dans la revue Vieillissement naturel, révèlent que le cerveau des personnes multilingues semble vieillir plus lentement que celui de leurs homologues monolingues. L’étude a porté sur plus de 80 000 à 86 000 adultes en bonne santé, âgés de 51 à 90 ans.

Les scientifiques ont calculé ce qu’ils appellent l’écart d’âge biocomportemental (BAG) pour chaque participant. Cet indicateur mesure la différence entre l’âge chronologique et l’âge biologique, reflétant l’état de santé et le fonctionnement de l’organisme. Les résultats indiquent que les personnes ne parlant qu’une seule langue ont environ deux fois plus de chances de présenter un vieillissement cérébral accéléré. Ce risque diminue considérablement avec l’apprentissage de deux, trois langues ou plus.

L’intérêt de cette découverte réside dans le fait que l’effet bénéfique ne dépend pas du niveau de maîtrise de la langue. Il ne s’agit pas d’être bilingue ou trilingue à la perfection, mais plutôt de l’exercice mental que représente le passage constant d’un système linguistique à un autre. Le cerveau est constamment sollicité pour choisir, inhiber, récupérer des informations et s’adapter, ce qui maintient les fonctions cognitives actives.

Dans un contexte mondial où la population vieillit rapidement – l’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit qu’une personne sur six dans le monde aura plus de 60 ans d’ici 2030 – la préservation de la santé cérébrale est devenue une priorité. Plus le cerveau reste performant, mieux il est protégé contre des troubles tels que la démence et les pertes de mémoire.

Des recherches antérieures avaient déjà établi un lien entre le multilinguisme et une meilleure mémoire, mais ces études portaient principalement sur des personnes souffrant déjà de troubles cognitifs. La force des études actuelles réside dans le fait qu’elles concernent des adultes en bonne santé, ce qui permet de mesurer l’effet protecteur du multilinguisme de manière plus précise.

Combien de langues sont nécessaires pour bénéficier de cet effet ? La réponse est simple : une seule langue supplémentaire suffit à faire la différence. Cependant, plus le nombre de langues est élevé, plus l’effet est prononcé. Même une langue que l’on n’utilise plus activement conserve une trace dans le cerveau. Chaque système linguistique impose des exigences légèrement différentes, ce qui semble constituer une forme de protection contre le vieillissement accéléré.

Il n’est pas nécessaire de s’inscrire à des cours de langue intensifs pour entraîner son cerveau. De simples activités quotidiennes peuvent suffire : courtes conversations dans une autre langue, visionnage de séries sans sous-titres, écoute de podcasts ou lecture d’applications dans une langue étrangère. C’est cette combinaison d’attention, de mémoire et de commutation qui semble influencer positivement le BAG.

Contrairement à de nombreux programmes d’entraînement cognitif dont l’efficacité est discutable, le multilinguisme repose sur une base scientifique solide. Il s’agit d’une activité suffisamment complexe pour stimuler le cerveau, mais en même temps accessible à tous. La plupart des Néerlandais sont exposés à d’autres langues, que ce soit l’anglais, un dialecte régional ou la langue de leurs ancêtres.

En conclusion, le lien entre le multilinguisme et le cerveau n’est pas une coïncidence. Plus le cerveau est sollicité pour basculer entre différents systèmes linguistiques, mieux il semble protégé contre un vieillissement accéléré. On ne peut pas arrêter le temps, mais on peut certainement ralentir son rythme.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.