Publié le 2024-11-13 14:35:00. La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), une affection respiratoire souvent méconnue, est au cœur d’une initiative mondiale visant à sensibiliser le public et à améliorer sa prise en charge, alors que plus de 3,5 millions de personnes y succombent chaque année.
- La MPOC est la troisième cause de décès dans le monde, mais souffre d’un manque de visibilité médiatique et de financement.
- L’Organisation mondiale de la santé (OMS) mène une campagne de formation auprès des journalistes pour accroître la couverture médiatique de cette maladie.
- Des ateliers de formation ont déjà eu lieu en Asie du Sud-Est, en Amérique centrale et en Amérique du Sud, avec des résultats tangibles en termes de publications dans la presse.
La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) demeure une urgence de santé publique mondiale, responsable de plus de 3,5 millions de décès annuels – un chiffre comparable à celui d’un crash aérien faisant 400 victimes toutes les heures. Malgré cette ampleur, la MPOC reste largement méconnue et sous-estimée, tant par le grand public que par les décideurs, ce qui se traduit par un financement insuffisant et une prise en charge souvent tardive.
La Journée mondiale de la MPOC, célébrée chaque année, met cette année l’accent sur les symptômes courants de la maladie – toux, essoufflement, respiration sifflante et fatigue – à travers le thème « Essoufflement, pensez MPOC ». L’objectif est de sensibiliser le public, de favoriser un diagnostic précoce et d’améliorer la qualité de vie des personnes atteintes.
Un des principaux obstacles à la lutte contre la MPOC est le manque de couverture médiatique. La maladie est rarement abordée dans les médias, laissant les témoignages des patients et l’impact réel de la pathologie dans l’ombre. C’est pour pallier ce manque que le Centre universitaire Pace pour la santé mondiale collabore étroitement avec M. José Castro, Envoyé spécial du Directeur général de l’OMS pour les maladies respiratoires chroniques, et son équipe du Département des maladies non transmissibles et de la santé mentale de l’OMS.
Cette collaboration se traduit par une série d’ateliers destinés aux journalistes. « La MPOC est une maladie de type “Cendrillon”, trop souvent négligée et laissée dans l’ombre », explique M. Castro. « Cette initiative importante vise à combler une lacune critique dans le journalisme de santé. Nous espérons mettre la MPOC sous les projecteurs et lui apporter l’attention qu’elle mérite. »
La semaine dernière, Kuala Lumpur, en Malaisie, a accueilli un atelier de trois jours réunissant des journalistes de plusieurs pays d’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental, dont le Bangladesh, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines et la Thaïlande. Le programme a combiné données scientifiques, informations spécifiques à chaque pays, témoignages de patients, et contributions d’organisations de la société civile et de professionnels de la santé.
« Avant cet atelier, je n’avais jamais écrit sur la MPOC et, comme beaucoup, je pensais que seules des maladies telles que le cancer et les maladies cardiovasculaires constituaient les problèmes de santé publique les plus graves. Ces sessions ont complètement changé ma perspective, soulignant le fardeau caché de la MPOC et l’importance de la détection précoce, de la prévention et de la sensibilisation du public. »
Emalin Zalani, journaliste à Star Health, Malaisie
Les résultats de ces ateliers sont déjà visibles. Avant la Journée mondiale de la MPOC, les participants ont publié des articles dans des médias nationaux de premier plan, tels que le Dhaka Tribune (Bangladesh), le Philippine Star (Philippines), Kompas Daily (Indonésie) et le Bangkok Post (Thaïlande).
Un atelier similaire, organisé plus tôt cette année à Mexico, au Mexique, avec des journalistes d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, a déjà entraîné une augmentation de la couverture médiatique des maladies respiratoires chroniques dans la presse écrite, à la radio et à la télévision.
D’autres ateliers sont prévus pour les régions africaine et européenne. La prochaine formation est prévue en mars 2026, au Cap, en Afrique du Sud.
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