Donald Trump a franchi une nouvelle étape dans sa rhétorique incendiaire en appelant à l’exécution de six élus démocrates, les qualifiant de « traîtres » après la diffusion d’une vidéo les incitant à refuser les ordres illégaux de son administration. Cette escalade verbale intervient dans un contexte de tensions politiques exacerbées aux États-Unis.
L’ancien président a relayé sur son réseau social Truth Social un article concernant cette vidéo, y ajoutant le commentaire virulent : « UN COMPORTEMENT SÉDITIEUX, passible de MORT ! ». Plus tôt, il avait déjà dénoncé ces élus, les accusant de « comportement séditieux » et demandant s’ils pouvaient être « enfermés ».
La vidéo en question, diffusée mardi, met en scène les sénateurs Elissa Slotkin et Mark Kelly, ainsi que les représentants Jason Crow, Maggie Goodlander, Chris Deluzio et Chrissy Houlahan, tous anciens militaires. Ils y avertissaient les membres des forces armées et des services de renseignement que l’administration Trump mettait en péril les institutions et sapait les fondements constitutionnels du pays. Le sénateur Kelly a notamment déclaré : « Nos lois sont claires : vous pouvez refuser les commandes illégales. » Slotkin a conclu en exhortant les militaires à « défendre nos lois, notre Constitution. N’abandonnez pas le navire. »
Slotkin a réagi sur X (anciennement Twitter) en affirmant qu’elle et ses collègues continueraient à défendre la Constitution, malgré les menaces et les intimidations. « Aucune menace, intimidation ou appel à la violence ne nous détournera de cette obligation sacrée », a-t-elle écrit.
Les réactions démocrates n’ont pas tardé. Le sénateur Chris Coons a dénoncé un « comportement effrayant » qui relève davantage des régimes autoritaires que du rôle d’un président. Il a appelé les républicains à condamner fermement ces propos. Chuck Schumer, le chef de la majorité au Sénat, a mis en garde contre le risque que certains partisans de Trump prennent ces incitations à la violence au sérieux, les comparant à une « allumette imbibée d’essence ».
Juridiquement, il est important de noter que la sédition, bien que passible de 20 ans de prison aux États-Unis, ne peut être imputée à des civils. En revanche, le Code uniforme de justice militaire prévoit la peine de mort pour les militaires reconnus coupables de sédition.
Sur le même sujet
