Home SantéL’UMCG arrête la protonthérapie pour les patients atteints d’une tumeur cérébrale après des résultats inquiétants

L’UMCG arrête la protonthérapie pour les patients atteints d’une tumeur cérébrale après des résultats inquiétants

by Sophie Martin

Publié le 26 juillet 2024 10h00. Une étude préliminaire portant sur un type rare de tumeur cérébrale, le gliome de grade 3, suggère un possible écart de survie entre les patients traités par protonthérapie et ceux ayant reçu une radiothérapie conventionnelle, mais les chercheurs insistent sur la nécessité de poursuivre les investigations avant de tirer des conclusions définitives.

  • Une étude portant sur 117 patients, dont 51 traités par protonthérapie, révèle une différence de survie potentielle, mais préliminaire.
  • Les chercheurs soulignent que la taille limitée de l’échantillon et la courte durée du suivi (2 à 4 ans) rendent toute conclusion hâtive prématurée.
  • Aucune indication ne suggère que les traitements par protonthérapie pour d’autres types de cancer soient affectés.

Des premiers résultats d’une étude menée par l’UMCG (Université Médicale de Groningue) ont suscité des interrogations concernant l’efficacité de la protonthérapie dans le traitement des gliomes de grade 3, une forme agressive de cancer du cerveau. L’étude, qui porte sur un nombre limité de patients, indique une possible diminution de la survie d’environ 25 % chez ceux ayant bénéficié de la protonthérapie par rapport à ceux ayant reçu une radiothérapie conventionnelle. Cependant, les chercheurs insistent sur le caractère provisoire de ces données.

« Il est trop tôt pour affirmer avec certitude que la survie est 25 pour cent pire », explique le Dr Langendijk, impliqué dans l’étude. « Nous pensons que cette différence diminuera probablement à mesure que les patients seront suivis plus longtemps. » En effet, le traitement des gliomes de grade 3 par protonthérapie est relativement récent, ne débutant qu’en 2020, ce qui limite la durée du suivi des patients.

Actuellement, des recherches complémentaires sont en cours pour identifier d’autres facteurs qui pourraient expliquer les différences observées dans les résultats thérapeutiques. Ces recherches se concentrent sur trois axes principaux : un suivi plus long des patients pour obtenir des données plus fiables, l’analyse des profils moléculaires des tumeurs (qui jouent un rôle important dans le pronostic) et l’étude de la localisation exacte de la récidive tumorale par rapport à la dose de radiation administrée. « Cela peut nous donner des indices sur ce qui a pu mal se passer », précise le Dr Langendijk.

Il est important de noter que le groupe de patients concerné par cette étude est très spécifique et relativement restreint. Aux Pays-Bas, environ 40 à 50 nouveaux cas de gliomes de grade 3 sont diagnostiqués chaque année. Au total, environ une centaine de patients ont bénéficié de ce traitement depuis 2018. Entre 2023 et mi-2025, 49 patients atteints de cette tumeur ont été traités par protonthérapie dans une clinique spécialisée. Les centres de protons soulignent qu’il faudra davantage de temps pour évaluer les résultats de ces traitements récents.

Face à ces résultats préliminaires, les centres de protons ont pris l’initiative d’informer tous les patients ayant suivi ce traitement. « Nous comprenons que cela puisse susciter de l’inquiétude et de l’incertitude », déclare le Dr Langendijk. « Nous avons proposé à tous les patients de prendre rendez-vous pour un entretien afin de leur expliquer comment interpréter ces résultats et quelles en sont les implications. »

« Nous continuons à dire aux patients qu’il n’y a actuellement aucune indication que leur traitement soit de qualité inférieure. »

Dr Langendijk

L’UMCG invite également les patients atteints d’autres types de cancer ayant reçu une protonthérapie, ainsi que leurs proches, à ne pas s’alarmer et à contacter leur médecin traitant pour obtenir des informations personnalisées. Le traitement par protonthérapie se poursuit normalement pour ces patients. L’UMCG utilise la protonthérapie pour traiter divers cancers, notamment le cancer du sein, le cancer du poumon, les tumeurs de la tête et du cou, ainsi que d’autres types de tumeurs cérébrales. « Rien n’indique que la protonthérapie soit moins efficace dans ces autres types de cancer », assure le Dr Langendijk. « De manière générale, les résultats de la protonthérapie dans d’autres cancers sont conformes à ce que nous attendons, voire meilleurs. »

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