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La dépression est de plus en plus acceptée comme une maladie ayant des causes biologiques, déclare le psychiatre Philip Gold

Publié le 24 novembre 2025. Un éminent psychiatre américain, Philip William Gold, estime que l'augmentation des cas de dépression observée ces dernières décennies est liée à une meilleure acceptation de cette maladie comme trouble biologique, plutôt qu'à un…

La dépression est de plus en plus acceptée comme une maladie ayant des causes biologiques, déclare le psychiatre Philip Gold

Publié le 24 novembre 2025. Un éminent psychiatre américain, Philip William Gold, estime que l’augmentation des cas de dépression observée ces dernières décennies est liée à une meilleure acceptation de cette maladie comme trouble biologique, plutôt qu’à un simple manque d’adaptation.

  • La dépression est désormais reconnue comme une réponse physiologique dérégulée au stress, affectant l’ensemble du corps.
  • Les traumatismes infantiles et le perfectionnisme peuvent jouer un rôle significatif dans le développement de la maladie.
  • Les recherches génétiques et l’étude de protéines comme le BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor) ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques.

Philip William Gold, l’un des chercheurs les plus reconnus au monde dans le domaine des troubles dépressifs, travaille depuis 1974 aux National Institutes of Health (NIH) aux États-Unis, où il a précédemment dirigé la recherche neuroendocrinienne. Il présente ses dernières découvertes dans son ouvrage « A Geração Deprimida » (La Génération Déprimée), publié en 2023 et traduit cette année au Brésil par les éditions Paidós, du groupe Planeta.

Selon le Dr. Gold, l’augmentation du nombre de diagnostics de dépression ne serait pas nécessairement le reflet d’une vie plus stressante qu’auparavant. Il souligne que la société est aujourd’hui plus consciente de cette maladie, que les individus sont plus enclins à en parler et à rechercher de l’aide.

« Mon sentiment est qu’il y a 100 ans, il était probablement plus stressant d’être en vie, parce que nous n’avions pas de médicaments capables de traiter les infections, et que les gens et leurs enfants étaient toujours vulnérables d’une manière qu’ils ne le sont pas aujourd’hui »

Philip William Gold, chercheur aux NIH

Son essai explore les dernières avancées scientifiques concernant les origines biologiques de la dépression. Il explique que cette maladie est une réaction physiologique déréglée face au stress, impliquant plusieurs zones du cerveau et affectant tous les tissus et cellules du corps. Cette compréhension globale explique pourquoi la dépression est bien plus qu’un simple trouble psychologique : c’est une maladie qui touche l’organisme dans son ensemble.

Le Dr. Gold déplore le manque d’accès aux soins pour les personnes souffrant de dépression, en particulier les plus vulnérables.

« Il est tragique qu’un traitement adéquat ne soit pas accessible à tous ceux qui souffrent de cette maladie, en particulier les plus pauvres et les plus défavorisés, prisonniers d’un désespoir perpétuel et implacable »

Philip William Gold, chercheur aux NIH

Son engagement pour comprendre la dépression est également personnel. Le Dr. Gold a lui-même été confronté à cette maladie dans sa jeunesse. Un événement traumatisant, l’incapacité de son frère à parler et à avaler suite à une infection à polio bulbaire (une forme rare et grave de la polio), a profondément marqué son enfance. Il se sentait coupable que son frère soit malade et non lui, et s’est juré de ne pas causer de problèmes à ses parents. Plus tard, une rupture amoureuse survenue alors que son père était hospitalisé pour de fortes douleurs thoraciques a déclenché une crise de dépression sévère.

Il explique que les traumatismes et les pertes non exprimées peuvent laisser des traces profondes et contribuer à l’apparition de la dépression des années plus tard. Éviter la colère et ressentir de la honte face à l’imperfection sont également des facteurs de risque. Le Dr. Gold a d’ailleurs dû surmonter son propre perfectionnisme pour devenir un thérapeute plus efficace.

« Le perfectionnisme fait que les patients ont honte de ce qu’ils pensent être un échec. Moi aussi, je ressentais cela, je ne pouvais pas faire d’erreurs »

Philip William Gold, chercheur aux NIH

Les recherches génétiques représentent, selon lui, l’avenir des traitements contre la dépression. Il envisage notamment la possibilité d’identifier des anomalies génétiques chez les patients, en se concentrant sur des gènes impliqués dans la réponse au stress, comme le CRH (hormone de libération de la corticotropine) et le BDNF, une protéine essentielle à la survie des neurones. Un faible niveau de BDNF est associé à une plasticité cérébrale réduite, ce qui peut entraîner une diminution du nombre de neurones et de connexions.

Le Dr. Gold est également intéressé par le potentiel des psychédéliques, qui semblent activer le système BDNF. Il souligne que ces substances, utilisées dans un cadre thérapeutique approprié, pourraient avoir un impact significatif sur la dépression. Il mentionne également l’importance de la découverte récente des effets antidépresseurs de la kétamine, bien que cette substance présente des risques et puisse entraîner une perte d’efficacité à long terme.

Il conclut sur une note d’optimisme, affirmant qu’une nouvelle ère s’ouvre dans la compréhension et le traitement de la dépression, avec l’identification de cibles thérapeutiques plus précises et efficaces.

« Une ère complètement nouvelle a commencé dans notre compréhension de la maladie dépressive, dans laquelle les cibles les plus importantes pour son traitement rapide et efficace sont identifiées »

Philip William Gold, chercheur aux NIH

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.