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Que se passerait-il si un trou noir microscopique traversait le corps humain, selon la science

by Thomas Caron

Publié le 26 novembre 2025 04:25:00. Contrairement aux images d’horreur souvent véhiculées par la science-fiction, une nouvelle étude révèle qu’un trou noir microscopique traversant le corps humain causerait étonnamment peu de dégâts, à condition que sa masse reste inférieure à une certaine limite.

  • Une analyse théorique démontre qu’un trou noir de taille microscopique infligerait moins de dommages qu’une balle de calibre .22.
  • Les dommages potentiels seraient principalement dus à une onde de choc, et non à l’effet de spaghettification souvent imaginé.
  • La probabilité d’une telle rencontre est infinitésimale, rendant le scénario purement théorique.

Pendant des décennies, l’idée d’un trou noir traversant le corps humain a alimenté les scénarios catastrophes de la science-fiction, évoquant une destruction instantanée et sans appel. L’image d’une matière comprimée à l’extrême, soumise à une force gravitationnelle irrésistible, et le concept de « spaghettification » – l’étirement extrême d’un objet – ont nourri des récits de mort et de disparition totale. Cependant, une nouvelle analyse, menée par le physicien théoricien Robert Scherrer de l’Université Vanderbilt aux États-Unis, remet en question cette perception.

Publiée dans le International Journal of Modern Physics D, cette étude démontre que, loin de provoquer un effondrement généralisé, un trou noir microscopique produirait en réalité des dégâts étonnamment limités, du moins en dessous d’un certain seuil de masse. Scherrer explique avoir été initialement motivé par une question posée par un roman de science-fiction : « J’ai lu dans les années 70 une histoire où quelqu’un mourait après avoir traversé un trou noir. Je voulais savoir si cela était possible. »

L’étude intervient à un moment où l’intérêt pour les trous noirs est en pleine effervescence. Les récentes observations d’ondes gravitationnelles ont confirmé la fusion d’objets massifs, ouvrant une nouvelle fenêtre sur l’univers. De plus, les premières images de M87* et de Sgr A* ont transformé l’horizon des événements en un phénomène observable. Selon Scherrer, « les observations récentes du rayonnement gravitationnel provenant de la fusion de trous noirs, ainsi que les nouvelles images de trous noirs, ont ravivé l’intérêt pour le sujet des trous noirs en général ».

Ce regain d’intérêt a également relancé la question de l’existence possible de trous noirs primordiaux, formés peu après le Big Bang. Ces objets exotiques, différents de ceux créés par l’effondrement d’une étoile, ont été proposés comme candidats pour expliquer la matière noire, bien que cette hypothèse ait perdu de sa crédibilité avec le temps. S’ils existent, ces trous noirs primordiaux seraient extrêmement petits et rares.

L’étude de Scherrer s’est concentrée sur les conséquences d’un tel trou noir traversant un corps humain. Les résultats contredisent l’intuition : un trou noir d’une masse de 100 milliards de tonnes causerait moins de dégâts qu’une balle de calibre .22. Ce calcul repose sur l’analyse de deux effets principaux : l’onde de choc générée par le mouvement supersonique de l’objet et les forces de marée susceptibles d’étirer et de déchirer les tissus. L’étude a révélé que l’onde de choc est le mécanisme le plus destructeur.

Scherrer a déterminé qu’une masse minimale d’environ sept mille milliards de tonnes serait nécessaire pour causer des dommages graves aux tissus, comme le cerveau, en raison des forces de marée. Cependant, l’étude souligne que la probabilité d’une telle rencontre est extrêmement faible, estimée à une fois tous les quintillions d’années – un intervalle de temps bien supérieur à l’âge de l’univers (estimé à treize milliards huit cents millions d’années). « Les trous noirs primordiaux sont théoriquement possibles, mais ils peuvent même ne pas exister », conclut Scherrer.

Cette recherche, née d’une question posée par la science-fiction, offre une perspective nouvelle et inattendue sur les trous noirs. Elle démontre que même les phénomènes les plus effrayants peuvent être analysés avec rigueur scientifique, et que la réalité est souvent plus nuancée que l’imagination. Elle rappelle également l’importance de la curiosité et de l’exploration, même dans les domaines les plus improbables.

La masse minimale à produire

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