Publié le 26 novembre 2023. La plus grande plateforme mondiale d’échange de cryptomonnaies, Binance, est au cœur d’une nouvelle controverse. Des familles de victimes des attentats du 7 octobre en Israël l’accusent d’avoir facilité le financement d’organisations terroristes comme le Hamas et le Hezbollah, malgré des engagements antérieurs de renforcer ses contrôles.
- Binance est poursuivie en justice aux États-Unis pour avoir sciemment permis le transfert de plus d’un milliard de dollars vers des groupes terroristes.
- La plainte fait état de transactions effectuées après les attentats du 7 octobre, et même depuis les États-Unis.
- Cette action en justice intervient quelques semaines après la grâce accordée par l’ancien président Donald Trump à Changpeng Zhao, fondateur de Binance, qui avait plaidé coupable à des accusations de blanchiment d’argent.
Les familles des victimes des attentats du 7 octobre 2023 en Israël ont déposé une plainte auprès d’un tribunal fédéral du Dakota du Nord, accusant Binance d’avoir joué un rôle actif dans le financement du terrorisme. Selon les documents judiciaires, la plateforme aurait facilité le transfert de plus d’un milliard de dollars (1,03 milliard d’euros, au taux de change actuel) vers et depuis des comptes liés au Hamas et au Hezbollah, organisations désignées par les États-Unis comme groupes terroristes étrangers.
La plainte précise que 50 millions de dollars auraient été transférés après les attentats du 7 octobre, et qu’au moins deux transactions provenaient directement des États-Unis. Les plaignants estiment que Binance a délibérément mis en place un système permettant aux organisations terroristes de blanchir de l’argent en toute impunité. Ils reprochent à l’entreprise de ne surveiller les fonds entrants que lorsque les clients tentaient de les retirer de la plateforme, créant ainsi une faille de sécurité majeure.
En novembre 2023, Binance avait déjà plaidé coupable devant la justice américaine et accepté de verser plus de 4 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros) d’amendes pour des accusations de blanchiment d’argent et de violations des sanctions internationales. L’entreprise s’était alors engagée à renforcer ses programmes de lutte contre le blanchiment d’argent et à améliorer sa conformité aux sanctions. Cependant, selon la plainte, ces mesures se sont avérées insuffisantes.
Dans un communiqué, Binance a affirmé avoir amélioré ses systèmes de conformité et que les flux illicites ne représentent qu’une infime fraction des transactions effectuées sur sa plateforme. Un porte-parole de l’entreprise a déclaré :
« Nous restons fermes dans notre engagement à travailler avec les régulateurs, les forces de l’ordre et nos utilisateurs pour protéger l’intégrité de l’écosystème mondial des actifs numériques. »
Cette nouvelle action en justice intervient dans un contexte politique délicat, après la décision controversée de Donald Trump de gracier Changpeng Zhao, également connu sous le nom de « CZ », qui avait admis avoir échoué à mettre en place un programme efficace de lutte contre le blanchiment d’argent chez Binance. Trump a par la suite affirmé ne pas connaître M. Zhao, tout en reconnaissant l’implication de ses fils dans le secteur des cryptomonnaies.
Des élus démocrates ont exprimé leurs inquiétudes quant à cette grâce, craignant qu’elle n’encourage les activités criminelles. Dans une lettre adressée à l’administration, ils ont souligné que cette décision pourrait envoyer un message dangereux aux acteurs du secteur des cryptomonnaies et aux criminels en col blanc, leur laissant croire qu’ils peuvent commettre des délits en toute impunité s’ils enrichissent suffisamment le président Trump.
Les familles des victimes demandent à Binance des dommages-intérêts financiers, dont le montant sera déterminé lors d’un procès devant jury.
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