Publié le 27 novembre 2023. Une étude scandinave révèle que le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est associé à une légère augmentation du nombre d’accouchements par césarienne programmée, mais que de nombreux risques obstétricaux précédemment attribués au TDAH sont en réalité liés à d’autres facteurs de santé et de mode de vie.
- Les femmes diagnostiquées avec un TDAH présentent une probabilité légèrement plus élevée d’accoucher par césarienne programmée.
- Les complications obstétricales telles que la naissance prématurée sont davantage liées à des troubles psychiatriques associés et au tabagisme qu’au TDAH lui-même.
- Les enfants nés de mères atteintes de TDAH ont tendance à être plus grands que prévu pour leur terme de grossesse, ce qui pourrait influencer les décisions concernant la césarienne.
Une nouvelle étude, publiée dans le Journal psychiatrique scandinave, apporte un éclairage plus nuancé sur les risques liés au TDAH pendant la grossesse. Les chercheurs ont analysé les données de plus de 12 000 femmes ayant reçu un diagnostic de TDAH entre 2006 et 2020, en comparant les issues de leurs grossesses et accouchements avec celles de femmes sans TDAH.
L’étude a révélé que, même après avoir pris en compte des facteurs tels que l’âge, le niveau d’éducation, d’autres diagnostics psychiatriques et le tabagisme, les femmes atteintes de TDAH avaient une probabilité légèrement supérieure d’accoucher par césarienne programmée. « Le TDAH lui-même était donc lié à une proportion accrue de césariennes planifiées », explique Anneli Andersson, l’une des chercheuses à l’origine de l’étude.
Cependant, l’étude nuance les conclusions d’études antérieures qui associaient le TDAH à un risque accru de complications obstétricales. Les chercheurs ont constaté que de nombreux de ces risques, tels que la naissance prématurée, pouvaient s’expliquer par la présence d’autres troubles psychiatriques (anxiété, dépression, trouble bipolaire, toxicomanie) et par le tabagisme, et non par le TDAH en lui-même.
« La naissance prématurée et d’autres complications peuvent s’expliquer par d’autres diagnostics psychiatriques et par le tabagisme – et non par le TDAH »,
Anneli Andersson, chercheuse
Par ailleurs, l’étude a mis en évidence que les enfants de femmes atteintes de TDAH étaient plus susceptibles d’être plus grands que prévu pour leur terme de grossesse. Les chercheurs suggèrent que cette observation pourrait être liée à la fréquence plus élevée des césariennes programmées, car la taille du fœtus peut influencer la décision médicale.
« Nous ne pouvons pas en déterminer la cause, mais comme le fœtus grandit souvent plus que la normale, cela peut affecter la décision concernant une césarienne planifiée. Il pourrait donc s’agir de raisons médicales liées à la taille de l’enfant »,
Anneli Andersson, chercheuse
Les chercheurs soulignent l’importance de cette étude, qui se base sur des diagnostics cliniques plutôt que sur la simple consommation de médicaments, offrant ainsi une image plus précise des risques réels associés au TDAH pendant la grossesse. Ils espèrent que ces résultats contribueront à une meilleure prise en charge des femmes atteintes de TDAH, en mettant l’accent sur le dépistage et le traitement précoce des troubles associés, ainsi que sur l’accompagnement en matière de mode de vie, notamment l’arrêt du tabac.
« Ce résultat nécessite de nuancer la vision des risques liés au TDAH et à la grossesse. Espérons que cela puisse calmer les femmes qui ont un diagnostic de TDAH »,
Anneli Andersson, chercheuse
L’équipe de recherche plaide pour une approche plus globale des soins de santé maternelle, reconnaissant que le TDAH en lui-même n’est pas nécessairement un facteur de risque majeur pour la plupart des complications obstétricales, mais que les comorbidités et les facteurs liés au mode de vie jouent un rôle prépondérant.
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