L’intelligence artificielle (IA) est omniprésente, mais sa fiabilité est en question. Une étude récente révèle que près de la moitié des réponses générées par les assistants IA contiennent des erreurs significatives, soulevant des inquiétudes quant à leur utilisation comme source d’information.
Selon Mark Kleber, expert en IA au sein de la Südwestrundfunk (SWR), le fonctionnement même de l’IA explique ces inexactitudes. L’IA ne manipule pas des concepts, mais des probabilités. Chaque mot est converti en une série de valeurs mathématiques, et l’IA “devine” la réponse la plus probable en se basant sur les données qui lui ont été fournies.
Une étude menée par l’Union européenne de radiodiffusion a mis en évidence des taux d’erreur alarmants dans les chatbots populaires, confirmant que ces systèmes inventent régulièrement des informations. Plus de 50 % des nouveaux articles publiés en ligne seraient désormais générés par l’IA, ce qui influence également les réponses des assistants, car ils sont entraînés avec ces données.
Ce phénomène crée une boucle de rétroaction potentiellement problématique. « C’est un peu comme si le chat se mordait la queue virtuelle », explique Kleber.
L’IA peut être un outil créatif précieux, mais il est crucial de rester prudent lorsqu’il s’agit d’information. Il est impératif de toujours vérifier les réponses de l’IA auprès de sources fiables.
Par ailleurs, l’utilisation de l’IA soulève des questions de protection des données. Les applications d’IA fonctionnent principalement sur des serveurs appartenant à de grandes entreprises, souvent basées aux États-Unis ou en Chine, qui utilisent nos données pour améliorer leurs systèmes et générer des profits. L’IA est capable de tirer des conclusions à partir de schémas généraux, même sans données individuelles, ce qui pose des problèmes de confidentialité.
Les conséquences environnementales de l’IA ne doivent pas non plus être négligées. Les fermes de serveurs qui hébergent les applications d’IA consomment d’énormes quantités de ressources, notamment des puces, de l’énergie et de l’eau. Une nouvelle étude estime que cette consommation sera multipliée par onze d’ici 2030.
L’IA s’immisce de plus en plus dans notre quotidien, au point que certaines personnes développent même des liens affectifs avec les chatbots ou utilisent l’IA pour l’auto-thérapie. Kleber souligne qu’il est essentiel d’utiliser l’IA de manière consciente et responsable, tant au niveau politique qu’au niveau individuel.
« C’est exactement ce que nous en faisons et comment nous l’utilisons », conclut Kleber. « Nous devons le faire consciemment – et surtout de manière responsable. »
Glossaire :
Invite : Une demande formulée à un assistant IA pour qu’il effectue une tâche et y réponde. Exemple : « Veuillez me résumer ce texte. »
Slop : Contenus générés par l’IA, tels que des textes, des images ou des vidéos, de mauvaise qualité qui inondent Internet, créant ce qu’on appelle des « déchets numériques ».
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