Publié le 30 novembre 2025 à 07h45. Face à une escalade des tensions avec les États-Unis, le Venezuela a annoncé un plan pour rapatrier ses ressortissants bloqués à l’étranger et faciliter les départs, tandis que Washington maintient la pression en menaçant de fermer son espace aérien.
- Le président vénézuélien Nicolás Maduro a ordonné un plan spécial pour aider les citoyens vénézuéliens bloqués à l’étranger à rentrer au pays.
- Les États-Unis ont émis des avertissements concernant la sécurité du survol de l’espace aérien vénézuélien, entraînant la suspension de nombreux vols commerciaux.
- Caracas dénonce une menace implicite de recours à la force de la part de Washington et a activé des mécanismes multilatéraux pour contester les mesures américaines.
Le Venezuela s’efforce de gérer les conséquences d’une pression accrue des États-Unis, qui a culminé avec l’annonce de Donald Trump de considérer l’espace aérien vénézuélien comme fermé. Cette décision, bien que ne disposant pas de base légale internationale, pourrait dissuader les compagnies aériennes américaines de desservir le pays, exacerbant ainsi les difficultés de voyage pour les Vénézuéliens.
Le vice-président exécutif, Delcy Rodríguez, a déclaré que le président Nicolás Maduro a ordonné la mise en place d’un « plan spécial » pour le retour des Vénézuéliens bloqués à l’étranger et pour faciliter les départs de ceux qui souhaitent quitter le territoire. Elle n’a toutefois pas fourni de détails précis sur la mise en œuvre de ce plan.
Par ailleurs, Delcy Rodríguez a affirmé que le Venezuela avait activé tous les mécanismes multilatéraux conformément au droit international pour obtenir « la cessation immédiate de cette action illégitime et illicite ». Elle a également accusé l’administration américaine de favoriser les demandes de l’opposante María Corina Machado, lauréate du Prix Nobel de la paix 2025, visant à bloquer l’espace aérien vénézuélien. La cérémonie de remise du prix Nobel est prévue le 10 décembre à Oslo, en Norvège.
La suspension des vols vers le Venezuela a laissé de nombreux passagers dans l’incertitude, notamment à l’aéroport de Madrid-Barajas, où des dizaines de personnes attendent depuis plusieurs jours une solution. Plusieurs compagnies aériennes, dont Iberia, Plus Ultra, Air Europa, Avianca et Turkish Airlines, ont suspendu leurs vols vers le Venezuela suite aux avertissements américains.
Donald Trump a averti samedi les pilotes et les compagnies aériennes de considérer l’espace aérien vénézuélien comme fermé, un message relayé sur son réseau social Truth. L’annonce s’inscrit dans un contexte de déploiement militaire américain accru dans les Caraïbes, un niveau de présence comparable à celui observé il y a des décennies. Une intervention militaire contre le Venezuela n’est pas exclue, selon certains observateurs.
« À toutes les compagnies aériennes, pilotes, trafiquants de drogue et trafiquants d’êtres humains : nous vous demandons de considérer que l’espace aérien au-dessus du Venezuela et de ses environs restera complètement fermé. Merci de votre attention ! »
Donald Trump, président des États-Unis
L’exécutif vénézuélien a dénoncé ces déclarations comme une « menace explicite de recours à la force », en violation de la Charte des Nations Unies, et les considère comme une « tentative d’intimidation ». Le 21 novembre, la Federal Aviation Administration (FAA) des États-Unis avait appelé à une « extrême prudence » lors du survol du Venezuela et des Caraïbes, évoquant une « situation potentiellement dangereuse ».
En réaction à la suspension des vols, le gouvernement vénézuélien avait donné un délai de 48 heures aux compagnies aériennes pour reprendre leurs activités. Suite à leur refus, les autorisations de vol d’Iberia, Turkish Airlines, Gol, Avianca, Tap et Latam Colombia ont été révoquées. Copa, Wingo, Boliviana de Aviación, Satena, Avior et Conviasa (publique) continuent pour l’instant à opérer des vols vers et depuis le Venezuela.
En marge de cette crise aérienne, l’aviation bolivarienne a célébré son 105e anniversaire en exposant des avions hors service, un geste perçu par certains comme un message de force face aux tensions actuelles.
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