Publié le 2025-12-02 00:54:00. Une molécule naturellement présente dans l’organisme, la spermine, pourrait freiner l’accumulation de protéines toxiques associées à la maladie d’Alzheimer et à la maladie de Parkinson, selon une nouvelle étude. Des chercheurs suisses ont découvert que cette substance favorise l’élimination de ces protéines par le système de nettoyage cellulaire.
- La spermine, connue depuis plus de 150 ans pour son rôle dans le métabolisme, semble induire la formation de « gouttelettes » de protéines toxiques, facilitant leur élimination par le processus d’autophagie.
- Des expériences sur des vers ont montré que l’administration de spermine améliorait leur état de santé à un âge avancé, réduisant l’accumulation de protéines anormales.
- Les chercheurs comparent l’action de la spermine à celle d’un fromage qui lie les pâtes, les rendant plus faciles à digérer, ou à une sauce spéciale qui élimine les processus toxiques.
Des chercheurs de l’Institut Paul Scherrer (PSI) en Suisse ont identifié un potentiel nouveau traitement contre les maladies neurodégénératives comme Alzheimer et Parkinson. Leur étude, publiée dans la revue Communications Nature, met en lumière le rôle prometteur de la spermine, une petite molécule déjà connue pour son implication dans le métabolisme cellulaire.
L’accumulation de protéines tau et alpha-synucléine est une caractéristique commune de ces maladies. Ces protéines, lorsqu’elles se comportent anormalement, ont tendance à s’agréger, endommageant les cellules cérébrales. On ne sait pas encore si ces agrégats sont une cause ou une conséquence de ces pathologies, mais leur rôle est indéniable.
L’équipe du PSI a découvert que l’administration de spermine à des vers atteints de maladies similaires à Alzheimer et Parkinson améliorait leur état de santé. Une analyse plus approfondie a révélé que la spermine encourageait les protéines tau et alpha-synucléine à se condenser en gouttelettes semblables à un liquide. Ce phénomène facilite leur élimination par l’autophagie, le système de recyclage des déchets de l’organisme.
« La spermine est comme un fromage qui relie les pâtes longues et fines sans les coller ensemble, ce qui les rend plus faciles à digérer »,
Jinghui Luo, biophysicien au PSI
Contrairement aux agrégats durs et collants qui se forment dans les maladies neurodégénératives, les amas induits par la spermine sont plus mous et plus mobiles, ce qui les rend plus accessibles à l’autophagie. Les chercheurs soulignent que la spermine ne perturbe ces protéines que lorsqu’elles sont présentes en concentrations élevées, c’est-à-dire lorsqu’elles sont plus susceptibles de se replier de manière incorrecte et de former des amas toxiques.
Les chercheurs espèrent que ces découvertes pourraient ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques, non seulement pour Alzheimer et Parkinson, mais aussi pour d’autres maladies, comme le cancer. Ils envisagent l’utilisation de la spermine ou de molécules similaires pour éliminer les processus toxiques dans l’organisme.
« Si nous comprenons mieux les processus sous-jacents, nous pourrons cuisiner des plats plus savoureux et plus digestes, pour ainsi dire, car nous saurons alors exactement quelles épices, dans quelles quantités, rendent la sauce particulièrement savoureuse »,
Jinghui Luo, biophysicien au PSI
Il est important de noter que ces résultats préliminaires ont été obtenus sur des modèles animaux et cellulaires. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si la spermine peut avoir les mêmes effets bénéfiques chez l’homme. La spermine a déjà été identifiée comme ayant des propriétés protectrices contre les processus dommageables dans le cerveau, ce qui a motivé cette étude. Étude sur la spermine et la protection cérébrale
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