Home SantéLes vaccins contre le virus respiratoire syncytial pourraient également réduire le risque d’asthme chez les enfants

Les vaccins contre le virus respiratoire syncytial pourraient également réduire le risque d’asthme chez les enfants

by Sophie Martin

Publié le 27 octobre 2023. Une infection infantile courante, le virus respiratoire syncytial (VRS), pourrait être un facteur déclenchant de l’asthme chez les enfants prédisposés aux allergies, selon une étude menée par des chercheurs belges. La prévention du VRS, grâce à la vaccination maternelle ou à l’immunisation passive, pourrait donc avoir des bénéfices à long terme sur la santé respiratoire des jeunes enfants.

  • L’infection par le virus respiratoire syncytial (VRS) durant la petite enfance augmente significativement le risque d’asthme, en particulier chez les enfants ayant des antécédents familiaux d’allergies ou d’asthme.
  • Des infections graves au VRS dans les premiers mois de vie sont associées à une réaction excessive du système immunitaire face à des allergènes courants.
  • La protection des nouveau-nés contre le VRS pourrait prévenir l’apparition de ces changements immunitaires et réduire le nombre de cas d’asthme.

Entre 5 et 15 % des enfants en Europe sont touchés par l’asthme, une maladie chronique qui impacte considérablement leur qualité de vie et représente un fardeau financier important pour les familles et les systèmes de santé. Identifier des stratégies de prévention avant l’apparition de la maladie est donc une priorité de santé publique majeure. Des chercheurs de l’Institut flamand de biotechnologie (VIB) et de l’Université de Gand (UGent), en Belgique, ont mené une étude approfondie, en collaboration avec des équipes danoises, pour explorer le lien entre l’infection par le VRS et le développement de l’asthme.

Les résultats, publiés vendredi dans la revue Science Immunology, suggèrent que l’infection précoce par le VRS et une prédisposition génétique aux allergies interagissent d’une manière spécifique qui oriente le système immunitaire vers le développement de l’asthme. “L’asthme pédiatrique est une maladie complexe avec de nombreux facteurs contributifs. Nous avons constaté que l’infection par le RSV au début de la vie et le risque génétique d’allergie interagissent d’une manière très spécifique qui pousse le système immunitaire vers l’asthme. La nouvelle encourageante est que ce processus peut être évité”, a déclaré le professeur Bart Lambrecht, du Centre VIB-UGent de recherche sur l’inflammation, principal auteur de l’étude, dans un communiqué.

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont croisé les données de registres nationaux de santé danois, recensant l’ensemble de la population infantile et leurs parents, avec des expériences en laboratoire rigoureusement contrôlées. L’analyse a révélé que les infections sévères au VRS durant les premiers mois de vie sont associées à une probabilité accrue que certaines cellules immunitaires réagissent de manière excessive à des allergènes courants, comme les acariens. Cet effet est particulièrement marqué chez les enfants ayant des antécédents familiaux d’asthme ou d’allergies, car les anticorps spécifiques transmis par les parents amplifient la sensibilité du nouveau-né.

L’étude a également démontré, à travers des modèles expérimentaux, que la protection des nouveau-nés contre le VRS permettait d’empêcher l’apparition de ces modifications immunitaires délétères et, par conséquent, le développement de l’asthme. “Aujourd’hui, alors que la prévention devient plus accessible, nous avons la possibilité d’améliorer la santé respiratoire à long terme, et pas seulement de prévenir les hospitalisations causées par le VRS. Ce n’est pas seulement un résultat de laboratoire. C’est un message qui devrait aider les parents à choisir la prévention du VRS en toute confiance”, a souligné le professeur Hamida Hammad, également du VIB-UGent, co-auteure principale de l’étude.

Plusieurs stratégies de prévention du VRS sont désormais disponibles dans de nombreux pays, notamment la vaccination maternelle au troisième trimestre de grossesse et l’immunisation passive des nouveau-nés par l’administration d’anticorps monoclonaux à action prolongée. Si ces mesures se sont avérées efficaces pour réduire les hospitalisations liées au VRS, leur taux d’utilisation varie considérablement d’un pays européen à l’autre.

Le professeur Lambrecht conclut : “C’est le moment pour les politiques publiques, la communauté scientifique et les pédiatres de collaborer. Si la prévention de l’infection par le VRS réduit également le risque d’asthme, les bénéfices pour les familles et les systèmes de santé pourraient être considérables.”

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