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Vraie grippe : évolution fatale après un « point de basculement » dans les poumons

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des recherches récentes mettent en lumière une fenêtre thérapeutique critique dans le traitement des pneumonies virales graves, soulignant l'importance d'une intervention précoce pour éviter des lésions pulmonaires irréversibles. Un traitement antiviral administré dans les…

Vraie grippe : évolution fatale après un « point de basculement » dans les poumons

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des recherches récentes mettent en lumière une fenêtre thérapeutique critique dans le traitement des pneumonies virales graves, soulignant l’importance d’une intervention précoce pour éviter des lésions pulmonaires irréversibles.

  • Un traitement antiviral administré dans les deux premiers jours suivant l’infection par la grippe A(H1N1) permettait la survie de tous les animaux étudiés.
  • Au-delà de trois jours, l’efficacité du traitement diminuait considérablement, indiquant un « point de basculement » après lequel l’intervention devient moins efficace.
  • La modulation de la réponse immunitaire, en bloquant certains messagers immunitaires et en désactivant des cellules T spécifiques, pourrait améliorer les chances de guérison même à un stade avancé de l’infection.

Des scientifiques des National Institutes of Health (NIH) aux États-Unis ont identifié un seuil critique dans l’évolution des pneumonies virales graves, au-delà duquel les traitements classiques peuvent s’avérer inefficaces. Leurs travaux, publiés dans la revue Science, s’appuient sur des expériences menées pendant la pandémie de Covid-19 et visent à améliorer la prise en charge des infections respiratoires sévères.

L’étude souligne que les infections pulmonaires graves peuvent entraîner des lésions tissulaires importantes, compromettant le fonctionnement des organes. Les patients consultent souvent trop tard, une fois que les dommages sont déjà considérables. Comme le résume l’article :

« Les infections pulmonaires graves peuvent être mortelles en raison des lésions tissulaires importantes qui altèrent le fonctionnement des organes. Les personnes touchées ne consultent généralement un médecin que quelques jours après l’infection, mais il est alors souvent trop tard pour un traitement efficace. »

Résumé de l’étude, Science

Pour leurs recherches, l’équipe dirigée par Hiroshi Ichise a utilisé un modèle murin infecté par le virus A(H1N1). Les animaux non traités succombaient généralement en huit à dix jours. Les résultats ont révélé qu’un point de non-retour était atteint à mi-parcours de cette période, après lequel aucun traitement ne pouvait plus sauver les animaux.

Cependant, l’administration d’oseltamivir, un médicament antiviral utilisé contre la grippe, dans les deux jours suivant l’infection, assurait la survie de tous les animaux. Après trois jours, le taux de survie augmentait d’environ 50 %. Cela démontre l’importance cruciale d’une intervention rapide.

L’étude met également en évidence le rôle d’une réponse immunitaire excessive dans l’aggravation des lésions pulmonaires. Au-delà d’un certain seuil de dommages initiaux, la simple suppression de l’inflammation ne suffit plus à restaurer la fonction des tissus. Selon les chercheurs, la guérison dépend alors davantage de la capacité de l’organisme à réparer les tissus endommagés que de la lutte contre le virus ou l’inflammation.

Les scientifiques ont exploré des stratégies pour moduler le système immunitaire des souris, afin de prévenir les dommages pulmonaires. Ils ont identifié deux pistes prometteuses : le blocage de certains messagers immunitaires, les interférons de type 1, et la désactivation des lymphocytes T CD8-positifs. Les interférons provoquent une réaction immunitaire excessive qui endommage le tissu pulmonaire, tandis que les lymphocytes T CD8-positifs détruisent un grand nombre de cellules infectées, aggravant ainsi les lésions.

C’est en combinant un traitement antiviral (oseltamivir) avec une modulation de la réponse immunitaire que l’équipe a obtenu les meilleurs résultats dans le modèle animal, même à un stade avancé de l’infection. Ils en concluent que, dans les cas graves, les patients ont souvent dépassé le point où les dommages causés par les cellules immunitaires innées peuvent être suffisamment stoppés. À ce stade, la réparation tissulaire et la limitation des effets de l’immunité adaptative deviennent primordiales.

Cette observation est cohérente avec la durée souvent prolongée de ventilation mécanique nécessaire à la guérison des patients atteints de pneumonie virale sévère et présentant une faible saturation en oxygène. Les résultats suggèrent également que les antiviraux peuvent rester efficaces même après l’apparition des symptômes, à condition d’être associés à des traitements favorisant la réparation du tissu pulmonaire ou atténuant les dommages causés par la réponse immunitaire adaptative.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.