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Tuer le dragon – Le blog des soins de santé

En juin 1954, les audiences télévisées entre le sénateur Joseph McCarthy et l'armée américaine ont marqué un tournant décisif dans la lutte contre le maccarthysme. L'affrontement, qui a vu l'avocat Joseph Welch démanteler les accusations infondées de McCarthy,…

Tuer le dragon – Le blog des soins de santé

En juin 1954, les audiences télévisées entre le sénateur Joseph McCarthy et l’armée américaine ont marqué un tournant décisif dans la lutte contre le maccarthysme. L’affrontement, qui a vu l’avocat Joseph Welch démanteler les accusations infondées de McCarthy, reste un exemple frappant de courage face à la démagogie.

Le 9 juin 1954, le sénateur républicain du Wisconsin, Joseph R. McCarthy, était à la tête d’une sous-commission sénatoriale chargée des enquêtes depuis plus d’un an. Il avait initialement attiré l’attention du public en 1950 en affirmant que des centaines de communistes s’étaient infiltrés au sein du Département d’État et d’autres agences fédérales. Ses accusations, de plus en plus larges, ont fini par viser l’armée américaine.

Décrit par le doyen de la faculté de droit de Harvard, Ervin Griswold, comme un homme qui se faisait « juge, jury, procureur, fustigeant et attaché de presse, tout en un », McCarthy accusait l’armée de compromettre la sécurité de ses installations les plus sensibles, prétendant qu’elles étaient infiltrées par des communistes. L’armée a alors engagé l’avocat Joseph Welch, un vétéran du barreau de Boston, pour assurer sa défense.

Au cœur de cette confrontation se trouvait Roy Cohn, le conseiller principal de McCarthy, un avocat pragmatique, impitoyable et sans scrupules. Sa carrière avait été lancée par McCarthy, et ses agissements corrompus ont eu des conséquences désastreuses, détruisant des vies et affaiblissant le gouvernement américain pendant près de trois décennies, jusqu’à son décès en 1986 des suites du VIH/SIDA.

Les audiences Army-McCarthy ont captivé l’attention du public. Selon les témoignages de l’époque, même les téléspectrices qui ne regardaient habituellement pas la télévision en journée étaient rivées à leur écran. Un accord avait été conclu entre Cohn et Welch : McCarthy s’abstenait d’attaquer un militaire spécifique en le qualifiant de communiste, à condition que Welch maintienne un ton courtois. Welch, cependant, avait préparé un piège. Il a délibérément provoqué la colère de McCarthy, qui a fini par violer l’accord et s’en prendre à un jeune officier.

L’indignation de Welch a alors éclaté, donnant lieu à une réplique historique : « N’avez-vous aucun sens de la décence ? » (Have you no sense of decency?). L’historien Thomas Doherty se souvient que le pays entier attendait que quelqu’un prononce ces mots. Jelani Cobb ajoute que cet échange a dissipé toutes les illusions que McCarthy avait cultivées sur lui-même.

Alors que le Congrès est confronté à des défis de plus en plus complexes, cet épisode historique résonne avec une force particulière. Il rappelle l’importance du courage et de la résistance face à l’abus de pouvoir, comme l’avait souligné Martin Luther King : « En fin de compte, nous ne nous souviendrons pas des paroles de nos ennemis, mais du silence de nos amis. »

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.