Publié le 5 décembre 2025 à 07h48. Des chercheurs de NYU Langone Health ont identifié un composé expérimental capable de réduire les lésions tissulaires liées au diabète et d’accélérer la cicatrisation des plaies, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour cette maladie chronique.
- Un nouveau composé, baptisé RAGE406R, bloque l’interaction entre deux protéines clés impliquées dans les complications du diabète : RAGE et DIAPH1.
- Des tests sur des cellules humaines et des souris ont démontré une réduction significative des complications à court et long terme du diabète de type 1 et de type 2.
- Cette découverte pourrait permettre de traiter les causes profondes du diabète, et pas seulement ses symptômes, en agissant sur l’inflammation et la réparation tissulaire.
L’étude, récemment publiée dans la revue Biologie chimique cellulaire, met en lumière un mécanisme jusqu’alors méconnu dans le développement des complications diabétiques. Les chercheurs ont découvert que l’interaction entre le récepteur RAGE (Receptor for Advanced Glycation Endproducts) et la protéine DIAPH1 joue un rôle crucial dans les lésions cardiaques et rénales, ainsi que dans le ralentissement de la cicatrisation des plaies chez les personnes diabétiques.
RAGE est un récepteur qui se lie aux produits finaux de glycation avancée (AGE), des molécules formées lorsque des protéines ou des graisses se lient aux sucres dans le corps. Ces AGE s’accumulent chez les personnes diabétiques et obèses, ainsi que dans le cadre du processus normal de vieillissement. DIAPH1, quant à elle, est une protéine impliquée dans la construction du cytosquelette cellulaire, essentiel à la forme et à la fonction des cellules.
Le composé RAGE406R agit en empêchant DIAPH1 de se fixer à RAGE, ce qui réduit l’inflammation et favorise la réparation tissulaire. Selon le Dr Ann Marie Schmidt, co-auteure de l’étude et professeure d’endocrinologie à la NYU Grossman School of Medicine :
« Actuellement, il n’existe aucun traitement qui s’attaque aux causes profondes des complications du diabète, et notre étude montre que RAGE406R peut le faire – non pas en abaissant l’hyperglycémie, mais en bloquant l’action intracellulaire de RAGE. »
Dr Ann Marie Schmidt, professeure d’endocrinologie à la NYU Grossman School of Medicine
Elle ajoute :
« S’il est confirmé par des tests plus approfondis lors d’essais sur l’homme, le composé pourrait combler les lacunes du traitement, notamment le fait que la plupart des médicaments actuels n’agissent que contre le diabète de type 2. »
Dr Ann Marie Schmidt, professeure d’endocrinologie à la NYU Grossman School of Medicine
L’équipe du Dr Schmidt avait précédemment identifié un autre composé prometteur, RAGE229, mais celui-ci présentait un risque potentiel de cancer. RAGE406R a été conçu pour éliminer ce risque tout en conservant son efficacité. Des tests sur des souris obèses atteintes de diabète de type 2 ont montré que l’application topique de RAGE406R accélère la cicatrisation des plaies.
Les chercheurs ont également observé que RAGE406R réduit les niveaux de CCL2, une molécule de signalisation inflammatoire clé, dans les macrophages, des cellules immunitaires impliquées dans la réponse inflammatoire. Cette réduction de l’inflammation favorise les changements structurels nécessaires à la guérison des tissus.
Selon Alexandre Shekhtman, co-auteur principal de l’étude et professeur au Département de chimie de l’Université d’État de New York (SUNY) à Albany :
« Nos résultats laissent entrevoir une nouvelle voie prometteuse pour traiter le diabète à l’avenir. »
Alexandre Shekhtman, professeur au Département de chimie de l’Université d’État de New York (SUNY) à Albany
Il précise que cette étude servira de base au développement de thérapies pour les deux types de diabète et à la conception de marqueurs permettant de mesurer l’efficacité du nouveau traitement chez les animaux.
Source: https://nyulangone.org/news/compound-reduces-diabetic-tissue-damage
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