Publié le 5 décembre 2025 à 21h19. L’American Cancer Society (ACS) a revu ses recommandations en matière de dépistage du cancer du col de l’utérus, intégrant notamment la possibilité pour les patientes de réaliser elles-mêmes le prélèvement pour le test de dépistage du virus du papillome humain (VPH). Ces nouvelles directives visent à améliorer l’accès au dépistage et à réduire les inégalités, en particulier pour les populations rurales.
- L’auto-collecte vaginale est désormais une option acceptable pour le test VPH primaire de dépistage du cancer du col de l’utérus.
- L’ACS précise les conditions dans lesquelles les femmes peuvent arrêter de se faire dépister, en fonction des résultats de leurs tests.
- Ces mises à jour s’inscrivent dans une démarche continue d’amélioration des stratégies de prévention du cancer du col de l’utérus.
L’American Cancer Society a annoncé le 4 décembre 2025 une mise à jour de ses directives concernant le dépistage du cancer du col de l’utérus. Ces changements, basés sur les avancées de la recherche et le développement de nouveaux outils, visent à rendre le dépistage plus accessible et plus confortable pour les patientes.
Actuellement, l’ACS recommande aux femmes et aux personnes ayant un col de l’utérus à risque moyen de commencer un dépistage à l’âge de 25 ans, avec un test VPH primaire tous les 5 ans jusqu’à l’âge de 65 ans. En l’absence de test VPH primaire, un co-test combinant test VPH et frottis cervico-vaginal (test cytologique) tous les 5 ans, ou un frottis seul tous les 3 ans, est préconisé. Ces recommandations reposent sur le fait que la persistance d’une infection par certains types de VPH est la cause principale du cancer du col de l’utérus.
Le cancer du col de l’utérus est l’un des rares cancers dont l’incidence peut être considérablement réduite grâce à un dépistage régulier. Cependant, plus d’une femme américaine sur quatre retarde souvent ses examens de dépistage, invoquant des difficultés à s’absenter du travail, un manque de disponibilités des rendez-vous ou un inconfort lié à l’examen clinique.
La principale nouveauté de ces directives actualisées est l’acceptation de l’auto-collecte vaginale pour le test VPH. Si le prélèvement par un professionnel de santé reste privilégié, l’utilisation de dispositifs comme le Teal Wand (Teal Health) – approuvé par la FDA en mai 2025 – est désormais possible. Les résultats de l’étude clinique SELF-CERV (NCT06120205) https://clinicaltrials.gov/study/NCT06120205 ont montré que 94 % des femmes interrogées préféraient cette méthode à un examen en cabinet.
Les chercheurs ont cherché à développer une méthode de dépistage à domicile aussi fiable que celle réalisée en clinique, tout en étant plus confortable pour les patientes. En effet, 32 % des femmes déclarent avoir reporté leur dépistage en raison de l’inconfort lié au spéculum. En cas de résultat négatif au test VPH auto-collecté, un nouveau test est recommandé tous les 3 ans.
Concernant l’arrêt du dépistage, l’ACS recommande aux femmes à risque moyen d’effectuer un test VPH primaire négatif ou un co-test négatif à l’âge de 60 et 65 ans. Si ces tests ne sont pas disponibles, trois frottis cervico-vaginaux consécutifs négatifs, le dernier étant réalisé à 65 ans, sont considérés comme suffisants.
« Ces recommandations mises à jour contribueront à améliorer l’observance du dépistage et à réduire le risque de cancer du col de l’utérus »,
Robert Smight, PhD, vice-président principal de la science de la détection précoce du cancer à l’American Cancer Society et auteur principal du rapport.
L’ACS ne recommande pas le dépistage pour les femmes de moins de 25 ans (en raison de la rareté du cancer du col de l’utérus à cet âge), pour les femmes de plus de 65 ans ayant déjà bénéficié d’un dépistage adéquat et ne présentant pas de risque élevé, ni pour les femmes ayant subi une hystérectomie avec ablation du col, sauf en cas d’antécédents de lésions précancéreuses de haut grade.
Lisa Lacasse, présidente de l’American Cancer Society Cancer Action Network (ACS CAN), souligne l’importance de l’auto-collecte pour les populations rurales, qui ont souvent un accès plus difficile aux soins de santé. Plus de 46 millions d’Américains, soit 14 % de la population, vivent dans des zones rurales et doivent parcourir de longues distances pour accéder aux services médicaux. ACS CAN s’engage à travailler avec les décideurs politiques pour améliorer l’accès au dépistage et aux soins de suivi, sans frais supplémentaires pour les patientes.
RÉFÉRENCES
1. American Cancer Society. L’American Cancer Society met à jour ses lignes directrices sur le dépistage du cancer du col de l’utérus. Communiqué de presse. 4 décembre 2025. Consulté le 5 décembre 2025.
2. McGovern G. La FDA approuve Teal Wand, le premier dispositif de dépistage du cancer du col de l’utérus par auto-collecte à domicile. Pharmacy Times. 9 mai 2025. Consulté le 5 décembre 2025.
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