Publié le 6 décembre 2023. Une étude menée par des chercheurs espagnols révèle des altérations moléculaires communes à la maladie de Parkinson, la dépression et les troubles intestinaux, ouvrant la voie à de nouveaux outils de diagnostic et de traitement.
- Des chercheurs ont identifié une dérégulation de trois microARN présents à la fois dans le cerveau des patients atteints de la maladie de Parkinson et des personnes souffrant de dépression.
- Cette dérégulation a été reproduite en laboratoire chez des souris, confirmant un lien entre ces pathologies et le dysfonctionnement intestinal.
- L’étude suggère que ces microARN pourraient servir de biomarqueurs pour un diagnostic précoce et un suivi plus précis.
Une équipe de scientifiques du Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC) et du Centre de recherche biomédicale en santé mentale (CIBERSAM) a mis en évidence un mécanisme moléculaire commun à trois affections distinctes : la maladie de Parkinson, la dépression et les troubles gastro-intestinaux. Publiés dans la revue Journal of Neuroinflammation, leurs travaux suggèrent l’existence d’une boucle inflammatoire bidirectionnelle entre l’intestin et le cerveau.
L’étude révèle que la dérégulation de trois microARN – de petites molécules d’ARN non codant – est observée chez les patients atteints de la maladie de Parkinson et chez les personnes souffrant de troubles dépressifs. Pour valider ces observations, les chercheurs ont utilisé deux modèles murins. Le premier, exposé à un stress chronique, a développé un profil similaire à celui de la dépression, avec les mêmes anomalies dans l’expression des microARN et une augmentation des marqueurs inflammatoires cérébraux. Le second modèle, caractérisé par une surexpression de la pathologie de l’alpha-synucléine dans les neurones sérotoninergiques (impliqués dans la régulation de l’humeur), a présenté un schéma identique d’altérations moléculaires et d’inflammation, tant au niveau du cerveau que de l’intestin.
« Ces résultats identifient un axe spécifique d’inflammation – la triade de microARN agissant sur les marqueurs inflammatoires – comme un mécanisme moléculaire commun reliant la physiopathologie de la maladie de Parkinson, la dépression et le dysfonctionnement intestinal », explique Analia Bortolozzi, chercheuse principale de l’étude.
Les auteurs soulignent que, bien que l’étude se soit concentrée sur le tissu cérébral humain, d’autres recherches ont déjà démontré une accumulation pathologique d’alpha-synucléine dans l’intestin. Ils rappellent également que les symptômes gastro-intestinaux précèdent souvent les manifestations motrices de la maladie de Parkinson de plusieurs années (bien que ce ne soit pas systématique) et que plus de 80 % des patients atteints de cette maladie souffrent de troubles digestifs. Une relation bidirectionnelle complexe existe entre la maladie de Parkinson, la dépression et les maladies inflammatoires de l’intestin.
L’une des implications majeures de cette recherche réside dans le potentiel de ces microARN en tant que biomarqueurs. Leur présence également dans les tissus intestinaux des animaux suggère que leur analyse dans des biopsies de patients vivants pourrait constituer une extension logique et pertinente de la recherche.
Parkinson
La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative progressive qui affecte principalement le système nerveux, entraînant des troubles de l’activité, du tonus musculaire et des mouvements. Elle a été décrite pour la première fois en 1817 par le médecin anglais James Parkinson.
Quels sont ses symptômes ?
Les premiers signes de la maladie peuvent inclure :
- Des tremblements dans les membres ou certaines parties du corps (doigts, mains, menton, lèvres).
- Une perte d’odorat.
- Une écriture de plus en plus petite et rapprochée.
- Des troubles du sommeil, notamment des mouvements brusques.
- Une diminution de l’expression faciale et un clignement des yeux réduit.
- Une posture voûtée.
- Des vertiges ou des évanouissements en se levant.
- De la constipation.
- Un discours trop bas.
- Des difficultés à marcher (raideur du corps, des bras ou des jambes).
À ne pas manquer
