L’intelligence artificielle (IA) s’invite de plus en plus dans le secteur de la santé, tant pour optimiser les processus administratifs que pour améliorer la prise en charge des patients. Des hôpitaux aux éditeurs de logiciels, en passant par les organismes de financement, l’innovation technologique est au cœur des préoccupations et des investissements.
Le département américain de la Santé et des Services sociaux (HHS) prévoit d’étendre son utilisation de l’IA, notamment pour rationaliser les tâches administratives et offrir des conseils personnalisés aux patients en analysant leurs dossiers médicaux. Par ailleurs, une nouvelle étude révèle que trois quarts des personnes interrogées se fient aux cabinets de recherche, en particulier KLAS, pour prendre des décisions d’achat dans le domaine de la santé.
Du côté des entreprises, Lightbeam Health Solutions a annoncé l’acquisition de Syntax Health, dont la plateforme prend en charge les contrats de soins fondés sur la valeur. De son côté, IWK Health, en Nouvelle-Écosse, est devenu le premier hôpital de la province à adopter Oracle Health dans le cadre du projet « One Person One Record ». Healthify, une société basée en Inde, s’apprête à élargir son programme de soutien aux patients, qui propose un suivi personnalisé et un accompagnement, suite à un nouveau partenariat avec Novo Nordisk. L’entreprise revendique aujourd’hui 45 millions d’utilisateurs à travers le monde.
Plusieurs initiatives visent à faciliter l’accès aux soins et à améliorer l’expérience patient. OpenEvidence a lancé un service de numérotation gratuit permettant aux médecins de contacter leurs patients sans divulguer leur numéro de téléphone personnel. La FDA (Food and Drug Administration) a mis en place un projet pilote pour créer une voie réglementaire adaptée aux dispositifs médicaux numériques destinés aux maladies chroniques, offrant ainsi aux fabricants une plus grande flexibilité dans la collecte et la publication de données de performance réelles.
La question de la confidentialité des données de santé reste toutefois une préoccupation majeure. BJC Healthcare a dénoncé une publication « trompeuse » sur les réseaux sociaux affirmant que l’établissement révoquait l’accès des parents aux dossiers médicaux de leurs enfants. L’hôpital a précisé que l’accès parental est limité à partir de l’âge de 12 ans, mais que les parents peuvent toujours obtenir les dossiers via une procédure spécifique, conformément aux lois en vigueur. Un responsable de l’ambassade américaine au Kenya a quant à lui assuré que les dossiers de santé identifiables des patients ne seront pas partagés avec le gouvernement américain dans le cadre d’un nouvel accord de sécurité de 150 millions de dollars (environ 137 millions d’euros). Cette assurance intervient après les inquiétudes soulevées par un lanceur d’alerte kényan, qui accuse l’accord de donner un accès total aux dossiers des patients au gouvernement américain et de menacer les droits des Kényans en matière de données.
Enfin, le secteur financier de la santé est également en mouvement. FinThrive, une société basée au Texas, aide 3 200 organismes de soins de santé à optimiser leurs revenus, à réduire leurs coûts et à améliorer l’expérience financière des patients grâce à sa plateforme RCM (Revenue Cycle Management) basée sur le SaaS. Par ailleurs, l’action de HCA Healthcare a connu une forte hausse, portant la fortune de son cofondateur et principal actionnaire, Thomas Frist, Jr., à 42 milliards de dollars (environ 38,5 milliards d’euros), ce qui en fait la 47e personne la plus riche du monde.
En parallèle, des initiatives de solidarité se multiplient. Le personnel de santé de Judi s’est engagé bénévolement avec Nourishing Hope pour parrainer 7 500 repas pour les familles nécessiteuses de Chicago. De nouvelles études de marché révèlent également que les dirigeants du RCM estiment que les ambitions de l’IA se heurtent à des obstacles liés à la qualité des données, à la gouvernance et à l’intégration.
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