Publié le 8 décembre 2025 à 07h20. Les autorités malaisiennes et laotiennes intensifient leur lutte contre le minage illégal de cryptomonnaies, une activité gourmande en énergie qui pèse sur les réseaux électriques et les objectifs environnementaux de la région.
- Entre 2020 et août 2025, la police malaisienne a démantelé près de 14 000 sites de minage illégal de cryptomonnaies, principalement du Bitcoin.
- Les pertes liées au vol d’électricité s’élèvent à environ 4,6 milliards de ringgits malaisiens (environ 16,3 milliards de roupies).
- Le Laos a annoncé la fin de son programme de minage de cryptomonnaies en raison de son impact économique limité et de sa forte consommation d’énergie.
En Malaisie, la traque aux mineurs illégaux de cryptomonnaies prend des allures de jeu du chat et de la souris de haute technologie. Les forces de l’ordre utilisent des drones pour repérer les anomalies thermiques émanant de bâtiments désaffectés ou de commerces vides, où sont souvent installées des fermes de minage clandestines. Sur le terrain, des capteurs portables permettent de détecter une consommation électrique inhabituelle. Les mineurs, de plus en plus prudents, ont même recours à des astuces pour dissimuler leur activité, comme l’installation de boucliers thermiques ou la diffusion de sons imitant le chant des oiseaux pour masquer le bruit des machines.
Le phénomène s’est amplifié après l’interdiction du minage de cryptomonnaies en Chine en 2021. Plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, attirés par la perspective de profits importants, avaient alors accueilli les mineurs en fuite. Or, les promesses n’ont que rarement été tenues. Au contraire, les coûts pour les réseaux électriques et les objectifs de développement durable se sont avérés considérables.
La compagnie nationale d’électricité malaisienne, Tenaga Nasional Berhad (TNB), a constaté une augmentation de près de 300 % des vols d’électricité liés à la cryptographie au cours des six dernières années. Entre 2018 et 2023 seulement, les pertes accumulées s’élèvent à environ 3,4 milliards de ringgits malaisiens. Selon TNB, cette activité « menace non seulement la sécurité des utilisateurs, mais met également en danger la stabilité économique du pays, augmente les risques pour la sécurité publique… et constitue une menace sérieuse pour le système national d’approvisionnement en énergie ».
Le Laos a tiré les leçons de cette expérience. Le gouvernement a annoncé la fin de son programme de minage de cryptomonnaies, estimant que celui-ci n’avait pas généré les retombées économiques escomptées, notamment en termes de création d’emplois et de développement des chaînes d’approvisionnement locales. La forte consommation d’énergie des mineurs, en particulier pendant la saison sèche lorsque la production hydroélectrique diminue, a également pesé dans la balance.
« Les cryptos ne créent pas de valeur par rapport à la fourniture d’électricité aux consommateurs industriels ou commerciaux »
Chanthaboun Soukaloun, vice-ministre laotien de l’Énergie, cité par Reuters
La Thaïlande a également intensifié sa lutte contre le minage illégal. En mars dernier, le Bureau central d’enquête thaïlandais a saisi des dizaines de machines illégales dissimulées dans des maisons abandonnées près de Bangkok. Les autorités estiment que ces installations ont causé un préjudice d’environ 327 000 dollars américains aux services publics en raison du vol d’électricité.
(aimer/aimer)
À lire aussi
